Currently viewing the category: "politique de la recherche"

Résultat de recherche d'images pour "ORCID"Voici une infographie tirée du  Monde Science et Techno du 23/05/2017. Celle-ci a été permise grâce au numéro ORCID qui permet d’identifier, de façon non ambiguë tout chercheur contributeur d’une publication scientifique. Selon l’Open Researcher and Contributor ID, « ORCID est une organisation à but non lucratif qui a pour objectif d’aider à créer un monde dans lequel tous les intervenants dans les domaines de la recherche, de l’université et de l’innovation sont identifiés de manière unique et sont reliés à leurs contributions et à leurs affiliations, au-delà des limites des disciplines, des frontières et des époques. » Concernant les migrations de chercheurs, l’Union Européenne et les Etat-Unis restent attractifs. En France, un cinquième des chercheurs ayant obtenu leur diplôme sur le territoire, émigre, ce qui est plutôt beaucoup… une question peut se poser : est ce que la proportion de chercheurs quittant leur pays d’obtention de doctorat ne serait pas inversement proportionnelle à l’intérêt de ce pays pour sa propre recherche scientifique…?

Ce « marqueur » – le taux d’émigration des chercheurs diplômés du pays qu’ils quittent- peut, en même temps, être lié à une bonne santé d’un système éducatif et de formation.

En effet, plus les étudiants diplômés seront perçus comme bien formés plus ils auront de facilités à le quitter, attirés par des pays dont la recherche est plus dynamique (entendons par là des pays rémunérant mieux, offrant de meilleurs capacités d’accueil) que celui dans lequel ils ont obtenu leur diplôme. En définitive, cette proportion, ce marqueur peuvent en quelque sorte être liés à une distorsion entre deux capacités pour un pays : celui de former et celui de réaliser une recherche de haut niveau permettant de garder les chercheurs que ce même pays a formé.

infog

French plan to create super-campus in disarrayDans sa lettre d’opinion du 8 mai 2017, Declan Butler, journaliste à Nature, relaie le soulagement des scientifiques français qui se félicitent d’avoir échappé à une vague populiste synonyme de renfermement du pays. Rappelons qu’un grand nombre de scientifiques avaient appelé à voter contre Marine Le Pen, engagement plutôt rare, devoir de réserve oblige.

Il faut dire que notre élection présidentielle arrivait dans un contexte très particulier, après le Brexit, après l’élection de Donald Trump, le tout sur une montée internationale des populistes et d’un euroscepticisme confinant souvent à l’europhobie caractérisée.

Après l’arrivée de Donald Trump, dans le bureau ovale, les scientifiques américains ont observé, avec désolation les coupes de 5,8 milliards $ du NIH (18 % de baisse par rapport au budget de 2017) pendant que le budget de la défense gonflait plus encore. Même si le Congrès aura son mot à dire et pondérera certainement les fougues anti-sciences du locataire de la maison blanche, le signal était fort d’un Trump vs Science, Trump n’aime pas la science et cette dernière le lui rend bien.

L’élection du 45ème président américain a engendré un mouvement March For Science que nous avons traduit en France par la « Marche pour la Science… » Il s’agissait d’aller vite, puisque beaucoup de scientifiques ont été touchés par la distorsion du réel et de la vérité, conséquence de tweets intempestifs d’un président nouvellement élu.  Robert N. Proctor, historien des sciences à l’Université de Stanford, a déclaré que le March for Science était « sans précédent en termes d’échelle et d’ampleur au niveau de la communauté scientifique impliquée » [cette mobilisation s’est implantée dans] « une perception plus large d’une attaque massive contre les notions de vérité qui sont sacrées pour la communauté scientifique ».

Cette marche-là n’aura suscité que peu d’intérêt et de relais médiatique dans une France en voie d’élire son président. Les deux éléments à la racine de la mobilisation mondiale en faveur de la recherche scientifique ont eu comme épicentre:

  • Le dénigrement de Donald qui traite de « fake news » tout fait scientifique allant contre des intérêts privés, économiques. Ainsi, il annonce la relance de l’industrie carbonée en traitant de mensonger tout argumentaire scientifique démontrant que la Terre se réchauffe du fait de l’activité humaine.
  • La concrétisation de son projet de déshabiller la recherche (avec elle la santé et l’éducation) pour habiller l’armée… une caricature qui subit très bien l’épreuve des faits.

Le pouvoir de la vérité, contre la vérité du pouvoir…

Ce contexte permet de comprendre cette lettre de Nature expliquant que les scientifiques français se sont sentis soulagés, même s’ils n’ont pas eu réellement peur d’une arrivée à la tête du pouvoir exécutif d’un Trump français. Ils anticipent plus sur le résultat des élections législatives. En effet, derrière le soulagement, il y a cette peur que les valeurs de progrès, d’humanisme puissent être fragiles, en démocratie, face à la montée du populisme.

Vous pourrez accéder à la lettre, du 08 Mai 2017, en usant de votre souris ci-dessous :

Scientists relieved by Emmanuel Macron’s French election victory

Nous sommes soulagés, certains un peu plus arguant, certainement à juste titre, qu’Emmanuel Macron est un fervent promoteur de l’innovation. Au-delà de ce soulagement, la lettre de Nature conclut par une touche d’espoir et de fierté : « la victoire de Macron fournit de l’espoir, disent les scientifiques. « Avec tout ce que nous avons vu dans le monde récemment, depuis l’élection de Trump, jusqu’au Brexit et la montée de l’extrémisme en Europe, pour la première fois, nous avons un fort mouvement opposé à cela », explique Édouard Brézin, physicien émérite à la École Normale Supérieure à Paris et ancien président du CNRS. « Je suis heureux que ce mouvement vienne de la France… »« 

 

Les candidats, au sujet de la recherche scientifique, peuvent paraître aphones durant cette campagne, le sujet n’étant pas un point central des débats. Pour corriger cela, l’AEF, l’agence d’informations spécialisées, propose un comparateur de programmes permettant de mettre en évidence les points d’achoppement et divergence des principaux candidats à la présidentielle de 2017.

http://www.aef.info/modules/comparateur/5

présidentielle2017

 

Tagged with:
 

Vous pouvez tout aussi bien lire cet article en sur le site du Monde : http://www.lemonde.fr/sciences/. Il s’agit du point de vue proposé par Guillaume Miquelard-Garnier, cofondateur du think-tank l’Alambic et maître de conférences au CNAM.

Les grandes questions médiatiques du moment concernant l’enseignement supérieur et la recherche, qu’il s’agisse par exemple du campus Paris-Saclay, des partenariats public-privé à l’université, ou des MOOCs  [Massive Open Online Courses, cours en ligne ouverts et massifs], laissent souvent de côté une problématique pourtant essentielle : quelle politique de recrutement à court ou moyen terme envisage-t-on pour la recherche académique française, et subséquemment, qui pour faire la recherche en France ?

Historiquement, le système français était plutôt fondé sur des crédits dits récurrents (attribués directement aux laboratoires et répartis ensuite entre chercheurs). Le fonctionnement typique d’un laboratoire était un assemblage de petites équipes « pyramidales » de permanents (un chercheur senior, deux ou trois chercheurs junior) avec un recrutement plutôt jeune, et donc relativement peu d’étudiants ou de chercheurs « précaires » (attaché temporaire d’enseignement et de recherche, post-doctorants…).

Si l’on préfère, le fonctionnement se faisait avec un ratio permanents/non-permanents élevé. Dans ce système, le chercheur junior est celui qui est en charge de faire la recherche au quotidien, d’obtenir les résultats et d’encadrer de près, avant de, plus expérimenté, migrer vers des activités de mentorat scientifique de l’équipe (rôle du chercheur senior).
Ce fonctionnement était à l’opposé de celui, par exemple, des Etats-Unis. La recherche y est financée exclusivement ou très majoritairement sur projet, c’est-à-dire par « appels d’offres » ou « appels à projets ». Les chercheurs, principalement à titre individuel, décrivent leurs idées sous forme de projets à des agences gouvernementales ou des industriels, une sélection étant ensuite effectuée par des panels d’experts et l’argent réparti en fonction de ces choix.
Dans ce système, il y a peu de permanents, beaucoup de non-permanents recrutés sur les budgets issus des appels à projets pour la durée de ceux-ci, et un fonctionnement « individuel » (chaque chercheur, junior ou senior, gère son propre groupe de doctorants et post-doctorants, en fonction de son budget). Le chercheur est, dès son recrutement (aux USA, la tenure track), un chef de groupe-chef de projets, dont le rôle est de définir les grandes orientations intellectuelles, de trouverles financements, de les répartir et de recruter. La recherche proprement dite est alors très majoritairement effectuée par les non-permanents.

SITUATION ALARMANTE

Il n’est pas, ici, question de débattre des avantages et inconvénients des deux systèmes. Le premier favorise le mandarinat et un système de « rente scientifique » quand le second amène une tendance à l’effet Matthieu (6 % des chercheurs américains monopolisent 28 % des financements) et mise beaucoup pour le recrutement des précaires sur un fort attrait des pays asiatiques qui n’est peut-être pas éternel.

Toutefois, il faut constater que, depuis une quinzaine d’années au moins, et encore plus depuis la mise en place de l’Agence nationale de la recherche (ANR) en 2005 et les réformes engagées par Valérie Pécresse et poursuivies jusqu’à aujourd’hui, le système français est en mutation.

Les recrutements sont devenus plus tardifs, autour de 33 ans en moyenne pour un maître de conférences ou un chargé de recherches, soit typiquement cinq ou six années après l’obtention de la thèse (pour les sciences dures). Les financements récurrents ont été largement diminués au profit des financements par projet. Les appels à projets, principalement par le biais de l’ANR ou européens, ont développé les recrutements de post-doctorants. Les initiatives pourpromouvoir l’excellence individuelle des chercheurs se sont multipliées (la prime d’excellence scientifique pérennisée même si rebaptisée, les bourses jeunes chercheurs nationales ou européennes sur un modèle de tenure track ou servant à financer un groupe de recherche indépendant).

Or, plus récemment, la révision générale des politiques publiques (RGPP) conduit, malgré l’autonomie des universités, à un effondrement alarmant des recrutements de chercheurs et enseignants-chercheurs permanents à l’université et dans les établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). En trois ans, le CNRS est passé de 400 chercheurs recrutés par an à 300 (soit d’environ 350 à 280 jeunes chercheurs). Cette année, on compte au total 1 430 postes de maîtres de conférences ouverts au concours alors qu’il y en avait encore 1 700 il y a deux ans et 2 000 il y a cinq ans. Cette situation a conduit le conseil scientifique du CNRS à s’alarmer récemment, et ne devrait pas s’améliorer à la suite des énormes problèmes financiers de bon nombre d’universités, dont le symbole est Versailles-Saint-Quentin.

En parallèle, le budget de l’ANR alloué aux projets est passé de plus de 600 millions d’euros en 2010 à moins de 500 actuellement, le nombre de projets financés de 1 300 en 2010 à très certainement moins de 1 000 en 2014.
A cela s’ajoutent les effets liés à la loi Sauvadet de 2012. Cette loi favorisant la titularisation des personnels contractuels après six ans passés dans la fonction publique a jeté un froid dans certains laboratoires et certaines disciplines scientifiques (notamment celles qui recrutaient plutôt à 35 ans qu’à 31…). Les budgets ne permettant que rarement ces « cdisations » non planifiées, les ressources humaines des organismes sont aujourd’hui très craintives et rendent difficile l’embauche d’un post-doctorant dès la quatrième voire la troisième année.
La baisse du budget de l’ANR, censée s’accompagner d’une revalorisation des financements récurrents, a d’ailleurs probablement et principalement servi àfinancer ces titularisations non anticipées dans la mesure où l’argent n’est en tout cas pas arrivé jusqu’aux laboratoires. En lien avec cette loi Sauvadet et cette résorption de la « précarité » dans l’enseignement supérieur et la recherche, on peut également souligner que les règles de l’ANR concernant l’embauche de contractuels ont été rendues plus drastiques : il faut aujourd’hui trois permanents à temps plein sur un projet pour recruter un non-permanent à temps plein pour la durée de celui-ci.

AU MILIEU DU GUÉ

Nous nous trouvons donc aujourd’hui au milieu du gué, et l’on se demande si nous y sommes arrivés de façon réfléchie ou simplement par suite de tiraillements successifs et aléatoires vers les directions opposées prises par ces deux systèmes.

Des financements récurrents qui ont quasiment disparu mais également des financements sur projets qui s’effondrent. Des permanents qui ont de moins en moins de temps à consacrer à la pratique de la recherche pour en passer de plus en plus à la gestion (de projets, de groupes) pour les plus talentueux ou chanceux, et à la lutte pour l’obtention des crédits nécessaires à leur activité pour les autres. Et de moins en moins de docteurs non permanents dans les laboratoires et de plus en plus de difficultés à les financer ou plus simplement à les attirer (puisqu’on ne peut honnêtement plus rien leur promettre et que les salaires proposés ne sont toujours pas compétitifs).

La question se pose alors simplement : qui, en dehors des quelques doctorants passionnés qui pourront encore être financés (et alors que les difficultés d’insertion des docteurs sont toujours récurrentes en France, ce qui est tout sauf une incitation à envisager le doctorat comme un choix de carrière judicieux), fera demain de la recherche dans les laboratoires publics en France ?

Point de vue : LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 05.05.2014 à 17h00 • Mis à jour le 07.05.2014 à 13h57

Tagged with:
 

En guise d’épilogue à nos quelques évocations de l’Agence d’Evaluation de la Recherche dans l’Enseignement Supérieur, voici une copie d‘un article du Monde du 03 janvier 2013 sobrement titré : Fin de vie pour l’Aéres.

L’article évoque l’élément du discours, où au dîner du 20 décembre 2012, à la Conférence des Présidents d’Université, Geneviève Fioraso a scellé définitivement le cercueil de l’Aéres qui agonisait depuis sa naissance. La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a déclaré à cette occasion : « la sim­pli­fi­ca­tion des procédures de l’évaluation implique également des mesures législatives. Ajoutant : Je souhaite à cet égard que l’AERES actuelle soit rem­pla­cée par une agence natio­nale entiè­re­ment redé­fi­nie à par­tir des prin­cipes d’indépendance, de sim­pli­cité de fonc­tion­ne­ment et de pro­cé­dures ainsi que de légi­ti­mité scien­ti­fique et de transparence « 

Ces propos font suite à la publication, fin septembre 2012, par l’Académie des Sciences, d’un rapport où l’AERES est présentée comme un « machin » bureaucratique et peu efficace, préconisant sa suppression.

Dans cette période de transition, il est difficile d’avoir une visibilité sur les outils qui seront mis en place pour évaluer la recherche scientifique. Il faut dire que l’idée de publier les notes des évaluations a eu l’effet prévisible d’engendrer un statu quo contre-productif pour ce qui est de l’objectif fixé : l’innovation…  plus  une unité est bien évaluée, mieux elle sera financée, donc mieux elle sera évaluée… Ce type d’évaluation engendre des circonvolutions plus que des innovations.

Sur le portail de l’AERES aucune ligne sur la mort annoncée de l’agence.

L’Aéres en chiffres :

Bilan :

Entre 2007 et 2011, l’Aéres a évalué 3 960 formations, 3 196 unités de recherche, 5 483 équipes de chercheurs, 325 établissements d’enseignementsupérieur et 18 organismes de recherche.

Notations :

Sur les 2 613 unités de recherche auditées entre 2008 et 2011 :

21,5 % ont obtenu la note A + ; 43,6 % la note A ; 28 % B ; et 5,8 % C.

Pour les 3 740 cursus (licences, masters et doctorats), 6 % de A + ; 44 % de A ; 41 % de B et 9 % de C.

Moyens :

5 900 experts (18 % étrangers), un budget de 17 millions d’euros, 170 salariés.

Tagged with:
 

Il est douloureusement fatigant de se rendre compte de l’absence de mémoire Humaine! Cette amnésie collective provoque les mêmes écueils, les mêmes cercueils. « L’Histoire est un éternel recommencement » cette sentence attribuée à Thucydide a beau être un cliché des sujets de philosophie, une partie de la Hongrie a voté pour l’extrême droite (troisième force politique du pays, troisième force politique de notre pays aussi, à en croire les résultats du premier tour de l’élection présidentielle) -cette même extrême droite hongroise se sert de test génétique humain en guise de néo-certificat d’aryanité. C’est ce que relate l’article de Charlotte Chabas du Monde (15 juin 2012) – à lire le test de « pureté génétique » qui choque la Hongrie. Des sociétés privées surfent sur la mode du test génétique, devenu désormais largement accessible pour qui veut (peut) débourser quelques centaines d’euros ou de dollars pour connaître ses origines ethniques (test de 23andme) pour le moins pire ou pour s’assurer, comme c’est le cas ici, de sa non appartenance à un groupe ethnique rejeté par une politique clairement xénophobe et antisémite. Ce certificat hongrois qui émeut une majorité de la classe politique de Budapest est exploité à des fins nauséabondes par sa franche la plus extrême. Un test dont le résultat annonce « Aucune trace génétique d’ancêtres juifs ou roms » peut faire frémir n’importe quel démocrate.

bandeau publicitaire du site 23andMe

L’Histoire se répète donc, et au gré de l’avancée des connaissances et des technologies, des hommes éditent des certificats d’aryanités phylogénétiques ou encore (à l’inverse) marquent d’une étoile jaune génomique des personnes pour lesquels l’Humain n’est que le fruit de son hérédité biologique. La science raciste qui a justifié par le passé la colonisation, les pogroms, refait surface (avait elle seulement disparu) et on ne peut s’empêcher, en tant que scientifique biologiste, d’exhumer quelques tristes mots de James Watson (co-élaborateur du modèle en double hélice de l’ADN). Le scientifique alors âgé de 79 ans a déclaré dans les colonnes du Sunday Times qu’il était «fondamentalement triste au sujet du devenir de l’Afrique» parce «toute nos politiques sociales sont fondées sur le fait que leur intelligence (celles des Africains, ndlr) est identique aux nôtres (occidentaux, ndlr) alors que tous les tests ne le disent pas vraiment». La science et l’accès à la connaissance n’éloigne pas nécessairement les idées les plus abjectes, à chaque humain sa morale, à chaque scientifique son éthique… mais les partisans de la science avec conscience, celle censée élevée l’âme ne peuvent que s’indigner.

D’un 23andMe, présentant de manière positive l’accès démocratisé à la connaissance de ses origines par le biais d’études GWS (Genome Wide Scan), à un prestataire hongrois cynique s’abritant derrière des notions d’éthique pour diffuser des résultats de tests génétiques de « pureté raciale », l’accès à ce type d’informations peut être sujet à interrogations quant à leurs utilisations (personnelle ou politique). La diffusion de tels tests ouvre une boîte de Pandore; ces tests génétiques (interdits sur notre territoire national) offrent une arme aux pires propagandistes et une information sujette à interprétation et pouvant être manipulée pour le pire rarement pour le meilleur… l’Histoire est un éternel recommencement.

Lors d’une réunion le 21 mai dernier à Lille, Lionel Choplin, responsable du programme chaires industrielles venait présenter les ambitions de l’ANR pour associer le secteur privé –le co-financier et bénéficiaire des fruits de la valorisation de la recherche- et le secteur public –le pourvoyeur de cerveaux (de préférence provenant d’une grande université étrangère) et de structure d’accueil. Vous trouverez la présentation en suivant ce lien.. Ce programme est très largement inspiré du PCI canadien (Professeurs-Chercheurs Industriels)  du CRSNG (Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie du Canada) qui « offre » trois types de subventions :

  • professeur-chercheur industriel principal pour les chercheurs principaux distingués (subvention renouvelable d’une durée de cinq ans);
  • professeur-chercheur industriel agrégé pour les chercheurs en début de carrière qui démontrent un potentiel exceptionnel (subvention renouvelable une fois d’une durée de cinq ans);
  • professeur-chercheur industriel cadre pour les professionnels exceptionnels de la recherche et développement (subvention non renouvelable d’une durée de cinq ans).

Dans sa version française, la subvention est clairement destinée aux deux premiers cas mentionnés ci-dessus. Ainsi la relation industriels-organismes de recherche devient plus monodirectionnelle. L’industriel lève des fonds (le ticket d’entrée étant de 600 k€ minimum sur 4 ans), l’ANR abonde d’autant (la stratégie du quitte ou double), la structure d’accueil hébergeant le titulaire de la chaire assure son bon fonctionnement (sachant que l’investissement en gros équipement est limité à 20 % de l’assiette). Le titulaire de la chaire ainsi que la structure d’accueil bénéficient de ce financement, l’industriel, quant à lui, aura un retour en terme d’image, de retombées sous forme de Propriété Intellectuelle et surtout en terme de connaissances sur un sujet qui est censé impacter sa croissance.

Le schéma ci-dessous reprend le positionnement relatif de la chaire industrielle par rapport aux autres programmes de l’ANR.

Par ce type de programmes, l’ANR vise plusieurs objectifs :

– Créer une dynamique à partir d’une offre de compétences et d’expertise en adéquation avec les besoins des acteurs du monde socio-économique

Organiser les recherches dans une logique d’exploitation des résultats de recherche

– Insuffler au sein de l’établissement d’accueil une dynamique de recrutement de qualité dans un cadre de développement concerté fort

– Permettre un échange en temps réel de technologies et de savoir-faire entre les acteurs publics et privés de la recherche

– Assurer des retombées en termes d’image, résultant de l’accueil d’éminents  enseignants-chercheurs au plan international

Participation des acteurs publics au développement de produits innovants

– Mise en place de modèles économiques construits sur l’économie de la connaissance

Ce programme est comme beaucoup, critiquable, certainement imparfait mais il a le mérite d’afficher la volonté étatique de concilier secteur privé et secteur public, les industriels et les structures d’accueil… dans une relation plus équilibrée que de coutume afin que ces deux acteurs tirent bénéfice de cette relation. Rappelons ici que même aux États-Unis, souvent cités en exemple, les partenariats universités-entreprises restent modestes : 6 % des dépenses réalisées en 1999, au plus fort de la bulle Internet, depuis, cette part est redescendue à 4 %.

Cet article est l’occasion de revenir sur un changement notable dans la politique d’évaluation de la recherche scientifique française, une politique légèrement moins ancrée sur la productivité bibliométrique, replacée dans l’écosystème économique et social.  Une première réponse aux différentes critiques et notamment celle de Yehezkel Ben-Ari formulée dans sa tribune du Monde datée du 16 décembre 2011 : « Shanghai et l’évaluation technocratique tuent la recherche biomédicale ! ». L’évaluation étant le nœud gordien du problème un début de réponse peut être contenu dans cette reprise d’une dépêche de l’AEF. Celle-ci mérite d’être diffusée… et mérite aussi la faveur d’une opinion…

Dépêche n°166899, Paris, mardi 22 mai 2012

L’Aeres adopte six critères d’évaluation des entités de recherche, au lieu de quatre.

L’Aeres (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) « a récemment étendu à six le nombre de ses critères » d’évaluation des entités de recherche, indique-t-elle dans un document intitulé « Critères d’évaluation des entités de recherche : le référentiel de l’Aeres », approuvé par le conseil de l’agence le 12 avril 2012 et rendu public mardi 22 mai 2012. Les nouveaux critères retenus sont les suivants : « production et qualité scientifiques ; rayonnement et attractivité académiques ; interactions avec l’environnement social, économique et culturel ; organisation et vie de l’entité de recherche ; implication dans la formation par la recherche ; stratégie et projet à cinq ans ». Ces critères seront mis en oeuvre « lors de la campagne d’évaluation 2012-2013 ». Ils se substituent aux quatre critères employés depuis 2008, qui étaient « la qualité scientifique et la production ; le rayonnement et l’attractivité ; la gouvernance et la vie de l’entité de recherche ; la stratégie et le projet ». Cette évolution vient en complément de l’abandon de la note globale, en décembre 2011 (AEF n°159690). L’agence avait alors indiqué vouloir « maintenir les notes associées aux différents critères », tout en affichant son intention de « réviser » ces critères, « pour les améliorer ».

Cette extension des critères d’évaluation répond à des améliorations qui ont été « suggérées dans deux domaines », explique l’Aeres. Il en va ainsi des « activités qui relèvent de la recherche finalisée » et des « activités d’expertise venant en appui des politiques publiques » : « Celles-ci n’étaient pas reconnues et valorisées par l’agence dans la déclinaison de son référentiel en quatre critères », indique-t-elle. « L’introduction du critère ‘interactions avec l’environnement social, économique et culturel’ (…) vise à les intégrer pleinement parmi les activités évaluées. » « Le second domaine est celui de la formation par la recherche qui, dans le référentiel à quatre critères, n’était qu’un élément parmi d’autres du critère ‘gouvernance et vie de l’entité de recherche’ », poursuit l’agence. « Pour donner à la formation toute sa place dans les missions assignées aux entités de recherche, il a paru nécessaire, là encore, de traiter celle-ci comme un critère à part entière. »

CHAMP D’APPLICATION, FAITS OBSERVABLES ET INDICES DE QUALITÉ

L’Aeres souligne aussi que ce nouveau référentiel « répond plus nettement aux attendus de la loi de programme pour la recherche de 2006 », qui définit la « mission d’intérêt national » des personnels de la recherche comme comprenant : « le développement des connaissances ; leur transfert et leur application dans les entreprises, et dans tous les domaines contribuant au progrès de la société ; la diffusion de l’information et de la culture scientifique et technique dans toute la population, et parmi les jeunes ; la participation à la formation initiale et continue ; l’administration de la recherche ; l’expertise scientifique. »

Chacun des six critères est lui-même décomposé en trois aspects : son « champ d’application », les « faits observables » et les « indices de qualité ». Le « champ d’application » d’un critère « résume les aspects que l’évaluateur doit apprécier, en des termes généraux pour tous les types d’entités de recherche et pour tous les domaines ». Par exemple, le critère « production et qualité scientifiques », tel qu’il est défini dans le référentiel, « apprécie, par rapport aux standards de la discipline et du domaine de recherche, les découvertes, les résultats, les problématiques, les faits expérimentaux conduisant à des réalisations scientifiques ». Le document précise qu’ « il apprécie également l’originalité, la qualité et la portée de la recherche ». Les « faits observables » désignent pour leur part « des données factuelles qui peuvent être observées par les évaluateurs pour étayer leur appréciation ». Quant aux « indices de qualité », il s’agit de « la valeur à accorder à ces données pour élaborer l’appréciation proprement dite ».

UN DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE SUR LA NOTATION VA ÊTRE PRÉPARÉ

Le « référentiel » de l’Aeres rappelle que ces critères « s’appliquent non seulement aux entités de recherche », mais aussi à leurs « composantes » : les équipes internes et les thèmes. En conséquence, « chaque critère est donc noté non seulement au niveau de l’entité de recherche, mais aussi, lorsque celle-ci est structurée en équipes internes, au niveau de ces équipes ». En revanche, les thèmes ne sont pas notés, « dans la mesure où ils ont en général un caractère transversal et où ils réunissent des personnels appartenant à plusieurs équipes internes d’une même entité de recherche ». L’agence indique qu’il reste à « lier étroitement la définition des critères et l’échelle de notation », autrement dit qu’ « à chaque note doit correspondre un niveau de qualité, dont la définition doit être précisée ». « Ces éléments feront l’objet d’un document méthodologique complémentaire » qui sera rendu public « avant le lancement de la campagne d’évaluation 2013-2014 », annonce-t-elle.

L’évolution des critères d’évaluation « a intégré les propositions recueillies auprès des responsables d’entités de recherche évaluées et de leurs évaluateurs », précise l’Aeres. « Elle a également pris en considération les réflexions méthodologiques conduites par plusieurs groupes de travail (…) et par d’autres agences européennes », tout en ayant « tiré parti des recommandations de dernier rapport de l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologies) » (AEF n°161145). L’agence précise qu’ « avant d’être rendu public, ce document a été soumis à la direction d’un grand nombre d’organismes de recherche et à la CPU (Conférence des présidents d’université) ». En outre, ajoute-t-elle, « à l’issue de chaque campagne d’évaluation, l’agence procédera à un retour d’expérience qui permettra aux évalués d’apporter les contributions qu’ils jugeront utiles à l’amélioration de la réflexion en cours ».

ÉVALUER L’INTERDISCIPLINARITÉ ET LES SHS

Le document comporte aussi les résultats d’un « travail sur la méthodologie d’évaluation de l’interdisciplinarité et sur les critères adéquats pour apprécier équitablement ce type de recherche », selon que l’on parle de « pluridisciplinarité » (« juxtaposition de perspectives disciplinaires »), d’ « interdisciplinarité » (« coopération de plusieurs disciplines autour de projets communs ») ou de « transdisciplinarité » (« approche scientifique qui dépasse les points de vue disciplinaires par l’approche globale d’une question »). Pour l’Aeres, si « les critères d’évaluation des entités de recherche pluri, inter ou transdisciplinaires ne sont pas différents de ceux auxquels on recourt pour évaluer des entités monodisciplinaires », il s’avère néanmoins « nécessaire de dégager les faits observables propres aux différentes formes d’interaction des disciplines et les indices de qualité correspondants ». Un « groupe de réflexion » travaille à ces questions, mais d’ores et déjà, l’agence considère que « deux marqueurs » peuvent nourrir l’évaluation de l’interdisciplinarité : « le type d’interaction et la proximité entre les disciplines qui interagissent ».

Enfin, le document de l’Aeres présente « une note complémentaire sur la production et la qualité scientifiques en sciences humaines et sociales ». Il ne s’agit pas d’ « un autre référentiel », avertit l’agence, dans la mesure où les six critères élaborés offrent déjà « un référentiel commun qui intègre les perspectives des sciences humaines et sociales, au même titre que les autres, et peut, le cas échéant, s’y adapter ». Il s’agit plutôt de « quelques précisions aux faits observables et aux indices de qualité » relatifs au seul critère de « production scientifique », « pour intégrer au mieux la variété des formes de publication et des autres productions scientifiques en sciences humaines et sociales, mais aussi la diversité relative des langues qui sont utilisées pour la recherche dans ce domaine ». L’Aeres propose ainsi des repères pour « la caractérisation des revues » et « la caractérisation des ouvrages scientifiques », accompagnés des « principes de révision des listes de revues en sciences humaines et sociales » et d’une définition de ce que l’agence considère comme relevant d’un « véritable travail d’édition scientifique » des actes de colloques et des ouvrages collectifs.

A quelques jours du premier tour, cet article vous propose d’aborder les propositions d’orientations de la recherche scientifique des 5 courants majeurs participant aux présidentielles de 2012.

Nous allons procéder en partant de la gauche à la droite frontistes en passant par des nuances de rose, orange et bleue : du « pour en finir avec les Bidulex » de J.L.Mélenchon, à la préférence de la langue française dans les communications scientifiques prônée par M. Le Pen.

– Front de Gauche – le candidat J.L. Mélenchon par l’intermédiaire du site  Enseignement Supérieur & Recherche – appels Front de Gauche, remet la notion de service public au centre de la politique de la recherche française. Le Front de Gauche dresse un triste bilan de la politique gouvernementale en mettant à mal la notion d’excellence : « Jamais le potentiel universitaire n’a été ainsi saccagé sous le prétexte mystificateur d’une “excellence” qui n’avoue pas ses véritables critères. » La multiplication des sources de financements et la structuration des organismes en poupées gigognes sont dénoncées : « Les Idex, Labex et autres « Bidulex » visent aujourd’hui à créer des territoires d’exception au sein de la République pour mieux conforter la concurrence libre et non faussée internationale. » L’ex-ministre de l’Enseignement professionnel taille un costard à l’ANR qu’il souhaite « dissoudre » (pour le remplacer par quoi ?). J.L. Mélenchon propose de transformer les IDEX qui lui paraissent participer d’une concurrence entre les intervenants de la recherche scientifique, en pôles de coopération scientifique. Le projet inclus le recrutement de 5000 emplois statutaires par an sur la durée du quinquennat.

– Parti Socialiste – Le programme du PS concernant la recherche scientifique reste quelque peu flou. Peu de mots dans les 60 engagements de François Hollande sont associés à la recherche scientifique (le programme du PS est délibérément tourné vers l’enseignement supérieur plus que vers l’aspect recherche de ce portefeuille ministériel). Malgré tout, quelques propositions peuvent être associées à la recherche scientifique : vers un plus d’autonomie et vers une recherche compétitive au niveau international- très proche sur ce sujet de la vision d’un UMP de début de mandat présidentiel de 2007 : « nous donnerons les moyens pérennes nécessaires à l’autonomie et au rayonnement des équipes, des laboratoires et des Universités ». Contrairement au parti du tribun du front de gauche, F. Hollande  n’oublie pas de satisfaire les velléités scientifiques des industriels, ainsi, le projet du P.S. prévoit la création d’une Banque publique d’investissement, qui investira dans la recherche et l’innovation, soutiendra les PME-PMI, prendra des participations dans les activités stratégiques et les filières industrielles d’avenir (quelles sont elles précisément ?), et dont les moyens seront mobilisés sous la forme de fonds régionaux en co-pilotage avec les Régions. Les modalités d’obtention du crédit impôt recherche seront rendus plus simples (comment ?). Par l’intermédiaire de Vincent Peillon, le PS propose des solutions pour les étudiants et la modification de la loi LRU. Un programme du PS centré sur le financement de la recherche privée et de l’amélioration des conditions pour dispenser un enseignement supérieur de qualité, ouvert au plus grand nombre.

– MoDem- Nous arrivons ici au point de symétrie de notre tour d’horizon avec les (la?) propositions du Modem, le parti de F. Bayrou pour ce qui concerne la recherche scientifique dont voici la mesure phare : la création d’un crédit d’impôt innovation, parallèle au crédit impôt recherche… des fonds destinés à la recherche privée. Le programme de l’hyper-centre s’attarde (ceci n’est pas une critique) sur la problématique de l’enseignement mais oublie de parler de politique de la recherche scientifique… Mais en cherchant, on trouve quelques éléments : « veillons à ne pas axer nos politiques de recherche sur la base d’indicateurs d’origine asiatique qui certes favorise la diffusion des nouveaux savoirs par la publication scientifique, mais qui en pratique sont utilisés localement pour exacerber les rivalités entre équipes de recherche« … tiré du programme officiel du Modem pour l’enseignement et la recherche scientifique dont le chantre est Denis Badré, personnalité qui semble être l’interlocuteur des sujets « enseignement supérieur et recherche » du parti centriste.

– UMP – Au tour du programme du parti au pouvoir actuellement. Là aussi l’accent est mis sur l’innovation, aux talents et aux marchés, partant du principe qu’une recherche forte, dans une France forte vient surtout en aide aux PME et grandes industries pour améliorer leur compétitivité internationale, exemple :

– Le premier dépôt de brevet doit être gratuit pour les PME. Une partie des financements européens pour la recherche (Programme-cadre de recherche et de développement) seraient conditionnés à la participation de PME aux projets de recherche.

– Le parti présidentiel souhaite donc maintenir le crédit impôt-recherche. Par ailleurs, une meilleure valorisation de la recherche publique est invoquée, en favorisant les liens entre les universités et les entreprises et en intéressant les chercheurs publics aux retombées financières de leurs découvertes.

Enfin, la volonté de soutenir l’ambition (comment ?) de notre recherche et de notre industrie pour proposer de nouvelles thérapies, générer de la croissance économique au service d’une médecine humaine et contribuer au rayonnement de la médecine française…

Note : l’article que vous êtes en train de lire a été réalisé avant la parution officielle du programme de N. Sarkozy (programme qui paraitra jeudi prochain – 15 jours avant le premier tour). Vous pouvez avoir une vision du bilan du quinquennat de N. Sarkozy par le biais de la plume de Bruno Chaudret (chimiste et membre de l’Académie des sciences, élu par ses pairs, est Président du Conseil scientifique du CNRS).

– Front National – Le FN envisage de consacrer 3% du PIB d’ici 2017 à la recherche (pour information actuellement la France consacre 2,15 % de son PIB à la recherche -46% à la charge de l’Etat et 54% à la charge du secteur privé). Marine Le Pen propose de provoquer des états-généraux (un grenelle de plus?) de la recherche « pour fixer les priorités, pour définir les grands axes stratégiques, pour déterminer et mettre en œuvre les réformes structurelles permettant un rapprochement entre grandes écoles, universités et organismes de recherche. Cette réflexion de fond réunira tous les acteurs de la recherche, sachant que la situation économique de la France est telle que l’augmentation souhaitable des crédits ne pourra intervenir que très progressivement. En attendant, des choix devront être faits et des priorités fixées. » Une proposition encore un peu plus floue invoque l’augmentation du budget alloué à la recherche fondamentale dès lors que « la situation des finances publiques se rétablira ». Marine Le Pen conforte les organismes d’évaluation et d’attribution de finances de la recherche scientifique : « Les agences de financement, à l’instar de l’ANR (Agence Nationale de Recherche), verront leurs conseils scientifiques élargis et seront appelées à plus de transparence sur les conditions d’attribution des aides qui devront respecter des critères strictement scientifiques et s’inscrire en conformité avec les priorités fixées par la Nation. » Enfin, on ne peut passer à côté de l’humour sous-jacent dans la proposition suivante : « Les meilleurs chercheurs étrangers seront attirés dans le cadre d’une politique d’immigration ultra-sélective exclusivement centrée sur les talents (l’objectif global est de ramener l’immigration légale de 200 000 titres de séjour par an à 10 000 en fin de mandat)« .  Pour conclure, M Le Pen souhaite favoriser l’usage de la langue française dans les colloques et publications scientifiques.

La recherche est une thématique mineure de la campagne des présidentielles de 2012. Malgré tout, ce thème fait l’objet de clivages partisans très archétypaux : la vision d’une coopération entre groupes de recherche d’un Mélenchon s’oppose à une compétition inter-groupes d’un Sarkozy. Il est étonnant d’observer que les partis les plus éloignés du centre développent largement plus ce thème. Thème de la recherche française que les PS, MoDem et UMP laissent de côté au profit de sujets plus « économiques »… pour les partis souhaitant gouverner il est certainement assez peu « rentable » en temps d’élection et de crise d’aborder un sujet aussi technique et glouton en dépenses publiques.

Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Jean-Luc Tavernier, Commissaire général adjoint à l’Investissement, ont annoncé la liste des 71 lauréats de la deuxième vague de l’appel à projets « LABoratoires d’EXcellence« -fameux LABEX- doté d’une enveloppe de 1 milliard d’euros. La gestion du contenu de cette  enveloppe a été confiée à l’Agence Nationale de la Recherche.

Voici un extrait du site : investissement-avenir.gouvernement.fr qui revient sur le bilan des dotations suite à cette deuxième vague du concours de l’excellence au service de la science… ou l’inverse… on ne sait plus trop :

« L’appel à projets a pour objectif d’attribuer aux laboratoires sélectionnés des moyens significatifs leur permettant d’accroître leur visibilité internationale, de faire jeu égal avec leurs homologues étrangers, d’attirer des chercheurs et des enseignants-chercheurs de renommée internationale et de construire une politique intégrée de recherche, de formation et de valorisation de très haut niveau.

195 projets ont été reçus pour cet appel et 71 ont été retenus (soit l’ensemble des projets classés A+ à A5 par un jury international, présidé par le Professeur Jean Claude Latombe, Professeur à l’université de Stanford).

Ces 71 laboratoires seront financés jusqu’en 2020 pour un montant de 534,5 M€, sachant que certains de ces laboratoires se trouveront financés dans le cadre des 8 Initiatives d’excellence désormais reconnues.

Les lauréats recevront dans les toutes prochaines semaines un acompte de 10% afin que les équipes sélectionnées puissent lancer leur projet dans les meilleurs délais.

Avec les lauréats de la première vague, ce sont donc 171 laboratoires d’excellence qui auront été sélectionnés pour un financement sur une période suffisamment longue pour leur permettre de déployer une stratégie scientifique de grande ampleur.

L’ensemble des domaines de recherche est représenté au terme de ces deux appels à projets : 14,5% en sciences du numérique et des mathématiques, 24% en sciences humaines et sociales, 20 % dans le domaine de la matière et de l’énergie, 14,6% dans le domaine des sciences de la terre et de l’environnement, 26,9% dans le secteur de la biologie-santé. »

Vous pourrez trouver le communiqué de presse comportant la liste des projets retenus accompagnée d’un court descriptif incluant les retombées économico-scientifico-sociales attendues (retour sur investissement) –> ici. Il vous suffit ou presque de regarder la carte présentée ci-dessus pour connaître les régions (ou villes universitaires) sur- ou sous-bénéficiants des investissements d’avenir… Lille devance légèrement Clermont-Ferrant et est supplantée par Strasbourg…

LABEX ou l’excellence… à tous les plats (nous avions abordé ce sujet précédemment). Une excellente lettre provenant de l’excellent blog d’Olivier Bouba-Olga, « un économiste qui suit et commente l’actualité » est disponible ici. Je vous invite chaleureusement à prendre connaissance de cette missive titrée : « l’excellence des Universités : oui, mais quelle excellence ?! ».  Quelques « concepts » accompagnant la notion subjective d’excellence y sont passés en revue : de la notion de masse critique à la loi de Lotka.

Lotka a été le premier à réaliser, en 1926, une étude sur la distribution des auteurs scientifiques, arrivant à la conclusion que la relation auteurs-articles est inversement proportionnelle au carré d’articles publiés (une distribution hyperbolique)… cette constatation serait la résultante de ce que l’on nomme (en sociologie) « l’effet Saint Mathieu » qui peut être énoncé ainsi : le succès engendre encore plus de succès (ou la richesse réelle ou symbolique plus de richesse réelle ou symbolique)… Ainsi, ici transposé, le « concours » LABEX concentre des fonds très importants sur des têtes d’affiche… Quand l’état adosse sa politique d’investissements -d’avenir- sur la scientométrie, l’instrument de mesure fausse la mesure… en science on appelle cela l’effet de l’instrument…

Tagged with:
 
Set your Twitter account name in your settings to use the TwitterBar Section.