Posts by: c.audebert

 

La PCR est l’un des outils de base dans la boîte du biologiste moléculaire. Devenue accessible, totalement démocratisée dans les laboratoires, elle demande cependant une certaine exigence dans son développement.

Dans un premier temps il est essentiel de définir à quel type de PCR nous avons à faire :

PCR de détection (diagnostic ?) : celle qui vous permet de croire que vous avez dans votre extraction l’agent infectieux que vous tâchez de cibler

– PCR de monitoring : celle qui vous suffit pour admettre que vous validez ou non l’expérience que vous désirez suivre, celle qui vous  dit que vous avez contaminé votre extraction d’ARN en ADN génomique, par exemple

– PCR de production : celle qui vous permet d’obtenir le plus de produit spécifique afin d’exploiter ces quelques centaines de paires de bases pour en faire ce que vous avez imaginé (reporters à spotter sur puce ADN ou insert pour un clonage)

– PCR quantitative : celle qui se résume à estimer du mieux possible la quantité d’acides nucléiques ciblés présents initialement dans une PCR (cDNA, cible pathogène…).

aperçu du design d'amorces PCR

aperçu du design d’amorces PCR

Il est fondamental de reconnaître à quel genre s’apparente la PCR dont vous avez designé les amorces avec le plus grand soin. Peut être parce que les objectifs visés sont réellement différents voire opposés.

Les grandes étapes aboutissant à un design sont résumées ci-dessus. Il convient d’extraire en format FASTA, la séquence qui vous servira de matrice PCR, le logiciel d’aide permettra d’écarter les amorces de qualités douteuses (auto-appariées, peu spécifiques…), la proposition de design sera soumise dans un Blast (dont les paramètres dépendront du type d’application de votre PCR), dans le cas d’une qPCR SybrGreen il peut être intéressant d’utiliser un mFold sur l’amplicon que vous souhaitez générer, enfin l’ulitsation d’un autre service web tel que OligoCalc permettra de valider les paramètres de vos amorces en confrontant ceux-ci à ceux que vous aurez obtenus en sortie de logiciel d’aide au design.

Commençons par aborder les paramètres d’importances de cette technique de biologie moléculaire : la spécificité, la sensibilité, l’efficacité. Quand la PCR de détection cumulera sensibilité et spécificité, la PCR de monitoring devra être efficace et simple à mettre en place (quelques heures de développement entre ces deux variantes…). La première étape, la plus essentielle, consistera à designer des amorces (nous parlerons des sondes ultérieurement). Avant cela il vous faudra vous doter d’une stratégie de design et peut être d’un (le mieux serait plusieurs) logiciel d’aide au design d’amorces. Parmi tous les logiciels disponibles, rien ne sert de casser le cochon, il existe beaucoup de gratuiciels acceptables pour la grande majorité des applications. Parmi ceux-ci, notons :

FastPCR : quelques bugs, mais globalement cette solution à notre préférence pour sa modularité. Le logiciel gère les PCRs multiplexes, propose un grand nombre d’outils intégrés de manipulations de séquences. Il s’agit de l’une des seules solutions gratuites qui est l’équivalent d’une solution payante (mode d’emploi FastPCR disponible). Le logiciel quant à lui est disponible ici (dans sa version antérieure, plus stable, dont nous voyons une capture d’écran ci-dessous).

Parmi les critères généraux, les paramètres de design transposables à tout type de PCR sont les suivants :

– Longueur des oligonucléotides = 16 à 26 nt

Taux de GC = 40 à 70% (idéalement autour des 55 %)

Tm des oligonucléotides ~ 60°C (si vous développez une PCR diagnostique la température d’amorçage = Tm, si vous souhaitez produire il faudra diminuer de 2°C la température d’amorçage par rapport au Tm des amorces)

Du GC%, de la concentration en amorces et de la concentrations en cations dépend le Tm (définie comme la température pour laquelle 50 % d’une séquence donnée  est sous forme double hélice et 50 % est sous forme simple brin). C’est donc ces paramètres qu’il faut intégrer lors du design. Bien maîtrisé, un design permettra de gagner un temps précieux lors des phases de mise au point et d’optimisation d’une PCR. Ceci étant particulièrement vrai pour ce qui concerne la mise au point d’une PCR quantitative.

D’autres paramètres évidents concernent la séquence ciblée en tant que telle. Sachant qu’en fonction de celle-ci la marge de manœuvre est plus ou moins grande.

– maximiser autant que possible les zones de grandes complexité linguistique (celle avec le moins d’homopolymères, FastPCR tient compte de cette notion pour designer des amorces et se sert de ce paramètre pour calculer son indice de qualité de design)

– en 3′ des amorces, sur les 5 dernières bases, autant que possible, rassembler un maximum de bases A ou T (3 A ou T sur ces 5 dernières bases) afin d’en diminuer le Tm en 3′ et ainsi d’accroître la spécificité des amorces designées

Selon le type de PCR à laquelle nous avons à faire les contraintes de design peuvent être radicalement différentes :

– ainsi, vous souhaiterez designer dans 2 exons différents lorsque vous souhaiterez suivre la contamination en ADNg d’une extraction d’ARN par exemple

– ainsi vous souhaiterez designer sur une région à cheval sur 2 exons (sur la base donc d’une séquence cDNA, ARN) pour les applications de qPCR liées à la mesure du niveau de modulation différentielle de votre ARN cible

schéma sur une nappe d’une PCR hybride

Truc et astuce pour diminuer vos coûts de séquençage d’amplicons en SANGER : la PCR hybride !

1/ Réalisation de PCR en tubes indépendants, l’amorce reverse (PCR A) et l’amorce forward (PCR B) des 2 PCR auront des séquences Tag synthétiques complémentaires

2/ La deuxième étape consistera en une élongation unidirectionnelle. Les 2 amplicons synthétisés lors de la PCR 1 s’apparieront grâce à leur séquence Tag complémentaire. Le produit de la PCR2 sera un hybride PCR A-séquence chimérique – PCR B

3/ Une dernière PCR, prenant la Forward de PCR A et la Reverse de PCR B seront utilisées… le produit néosynthétisé pourra être séquencé (2 ou plus pour le prix d’un, en outre bien optimisée ce type de PCR peut permettre d’amplifier des « signaux faibles »).

On a (presque) oublié la vocation première de Louis Ferdinand Destouches plus connu sous son nom de plume L.F.Céline… un médecin occasionnel devenu homme de lettres au style révolutionnaire. L’un des premiers à faire incorporer le langage de la rue dans des romans lucides, engagés ou nihilistes. Il a su jouer sur des sonorités, il a ajouté la musique dans le roman traditionnel. L’un de ses tous premiers écrits est disponible aux éditions Gallimard collection Imaginaire : Semmelweis (préface inédite de Philippe Sollers), 1999, 128 p. Cette édition comporte une bibliographie sur Semmelweis établie par Jean-Pierre Dauphin et Henri Godard, ainsi que différents textes parus après la soutenance de la thèse de Louis Ferdinand en 1924. Dès l’écriture de sa thèse LFC affiche son style : sonore, provoquant, sans concession. Cette thèse est d’ores et déjà un objet littéraire à part entière (lors de sa soutenance Céline à 30 ans). Le sujet de cette biographie analytique : « la vie et l’oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865) » est singulier à plusieurs niveaux : l’histoire d’un confrère (de LFC) « scientifique » face à une conviction dont il n’arrive pas à tirer une démonstration, l’histoire d’une opposition au conservatisme, un homme fort de ses déductions dont les paires rejettent les conséquences (un Galilée de la médecine). Dans sa thèse Céline décrit la valse macabre de la fièvre puerpérale qui  passe des salles de dissection aux salles d’accouchements. Semmelweis convaincu – sans arriver à le démontrer formellement- que le vecteur de ces infections étaient les mains souillées des étudiants qui passaient de salles mortuaires aux salles d’accouchement. Céline peint un Semmelweis comme un obstétricien maniaque, déterminé, persuadé d’être dans le vrai quand, après observation, il essaie de persuader ses confrères de se laver les mains au chlorure de chaux -une idée de l’aseptie avant l’invention du mot microbe (par Charles Sédillot en 1878, 13 ans après la mort de Semmelweis). Une biographie tragique où l’obscurantisme est un des éléments poussant Semmelweis vers la folie. Quelques décennies plus tard, Louis Pasteur connaîtra un autre sort.

Céline pendant la 2nd guerre mondialeIl est de nos jours surprenant et presque déstabilisant, de lire une thèse de médecine, de moins de 80 pages qui constitue un objet littéraire abouti, une observation scientifique et humaine, argumentée et subtile. Seul contre tous, Semmelweis a maintenu sa position. Quant à lui, Céline par la voix de Bardamu -médecin anti-héros du Voyage au bout de la nuit- donne une définition de la médecine libérale : « larbin pour les riches, voleur pour les pauvres. »

 

HEALTH MAP : WHO is watching you !

( -L’OMS vous regarde !-)

Encore une application liée à Google Map.

Grossièrement, à l’aide de :

contributions « volontaires » (par l’intermédiaire d’une application sur smart phone : Outbreak Near Me – « épidémie près de chez moi », cf. capture d’écran ci-contre) vous pouvez ainsi « dénoncer » votre voisin qui a la grippe (à vous la charge du diagnostic…), et le cas sera (peut-être) référencé, associé à une date et une géolocalisation puis reporté sur la planisphère) – simple efficace un tantinet intrusif.

en scrutant de manière automatisée à large échelle le contenu des réseaux sociaux, les flux de nouvelles locales, les dépêches, les flux d’informations informelles (SMS, Twitter…),  et en appliquant une « analyse sémantique » automatisée du contenu. Cet outil est capable, en se référant à un dictionnaire des localités et des maladies, d’attribuer un cas relaté d’une maladie donnée à une géolocalisation que l’on souhaite la plus précise possible. Un outil basé sur le principe de détection sémantique contextuelle (cf. bibliographie en accès gratuit dans PubMed)

L’objectif ? Suivre en temps proche l’évolution d’une pandémie, observer avec un temps d’avance l’arrivée de la grippe saisonnière par exemple… avec plus de 2300 lieux, 1100 « maladies » dans le dictionnaire de référence… la vigie automatisée a du travail !

Le projet peut paraître séduisant. Il constitue un fantastique système de surveillance (un de plus, dirons les septiques) pour l’OMS. Même si l’information est bruitée (suite à un mauvais diagnostic, une information journalistique n’est pas une information scientifique) ou comporte des erreurs dans le couple d’attribution maladie / lieu, l’outil a misé sur la vélocité dans son aptitude à remonter de l’information que l’on souhaite la plus pertinente possible. Il est en perpétuelle amélioration. Sur Health Map, vous pouvez suivre jour après jour, tels des boutons de varicelles, des spots en relation avec votre agent infectieux favori s’illuminent sur la carte mondiale. Outre l’outil (une application de la fouille de texte, encore une) le site internet est très ergonomique et utile notamment pour sa section : « The Disease Daily« . Une critique possible : le continent africain fait les frais de son manque de couverture par les systèmes d’informations et de communication, la Chine semble, quant elle, assez épargnée par les pandémies… l’outil sémantique intègre t’il le cantonais ou le mandarin… ? A vous de juger.

Partenaires,  collaborateurs & supports du projet : GOOGLE.ORG, NATIONAL INSTITUTES OF HEALTH RESEARCH / NATIONAL LIBRARY OF MEDICINECENTERS FOR DISEASE CONTROL AND PREVENTION, CANADIAN INSTITUTES OF HEALTH RESEARCHINTER, NATIONAL SOCIETY FOR INFECTIOUS DISEASES / PROMEDHEALTH AND HUMAN SERVICES, FLU.GOV, INTERNATIONAL SOCIETY FOR DISEASE SURVEILLANCE, INTERNATIONAL SOCIETY FOR TRAVEL MEDICINEGEOSENTINE, NEW ENGLAND JOURNAL OF MEDICINE, WILDLIFE CONSERVATION SOCIETY

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L'arbre de vie numérique Il existe un endroit, un immeuble abritant un plateau technologique où les capacités de séquençage dépassent l’imaginable. Le pari est osé. Ce centre est confondu avec le BGI (Beijing Genomics Institute) alors qu’il se situe à un petit 2000 kms par route. Disons que Shenzhen, la quatrième ville du pays-continent en nombre d’habitants, se situant en bordure de Honk Hong, a un statut de zone économique spéciale. Depuis 1980 les entreprises étrangères sont autorisées à investir dans ce lieu propice… et c’est ainsi que cette localité a vu s’ouvrir le premier Mac Donald’s en Chine en 1990 (quelle chance !).
La ville de Shenzhen est devenue après une montée en puissance depuis 2008, l’usine à séquençage du BGI et la plateforme mondiale possédant la plus grande capacité de séquençage à ce jour (crise mondiale oblige, il y a fort à parier que Shenzhen le reste pendant quelques années). Avec des débits de 8,5 Tbases / jours (plus de 1000 équivalents génomes humains par jour ! de quoi réaliser plus de 15 000 génomes humains complets), la plateforme du BGI à Shenzhen s’est distinguée avec :
  • Son premier séquençage de novo du génome humain et de mammifère (le panda géant, séquencé sur la plateforme GA de Illumina) à l’aide de technologies de séquençage haut-débit à reads courts (publications de 2010 : Nature et Genome Reasearch)
  • Son séquençage du premier homme pré-historique (à partir d’un prélèvement de cheveux conservé au muséum national du Danemark) (publication : Nature, 2010)
  • Son séquençage du premier génome diploïde d’un individu asiatique dans le cadre du projet de Yan Huang (publication : Nature 2008)
  • Sa construction d’une carte pan-génomique humaine, avec un ajout de 19 à 40 Mbases absentes de la séquence de référence humaine (publication : Nature Biotechnology 2010)
  • Sa contribution à hauteur de 10% à l’information des séquences pour le projet HapMap humain
  • Sa contribution à hauteur de 1% au  Projet génome humain de référence (seul institut au monde en développement à contribuer au projet)
  • Sa démonstration de la faisabilité du séquençage du microbiome du tube digestif humain, estimé à 150 fois plus grand que le génome humain (publication : Nature 2010)
  • Son action clé dans le projet sino-britannique du projet de séquençage du génome de poulet
  • Le BGI avec Shenzhen est le principal centre de séquençage dans le projet 1000 génomes, elle a été la première institution chinoise à séquencer le virus du SRAS, quelques heures seulement après le premier séquençage du virus par des Canadiens, et a été  un acteur clé dans l’analyse de l’épidémie à E. coli O104:H4

Les projets 10 000 génomes microbiens, 1000 génomes eucaryotes sont souvent qualifiés de pharaoniques. Cependant avec cette quantité de machines, avec l’argent disponible pour le consommable soit plus de 1,5 milliards de USD sur 10 ans,  avec de la main d’oeuvre qualifiée disponible et un « pipe-line » d’assemblage et d’analyse développé… ces deux projets devraient être achevés comme prévu (cette notion a cours en Chine).

Souvent les projets pleuvent, mais les financements un peu moins. Avec des débits (calculés selon les spécifications des fournisseurs de séquenceurs) de plusieurs génomes humains / jour, avec l’équivalent de plus de 100 millions d’USD d’investissements en unités de séquençages,  il reste du temps  machine à occuper.

Un virage économico-scientifico-politique a été amorcé par le gouvernement chinois. Ceci peut être résumé par l’équation suivante : investissement massif d’argent avec objectifs scientifiques à court et moyen terme, rentabilisation quasi- immédiate de l’investissement matériel en l’ouvrant à des prestations de service, assommer la concurrence en occupant le terrain des publications scientifiques et en proposant des prix de séquençage cassés (cf. publicité ci-dessus, source site web du BGI Europe) en ce qui concerne les prestations de service (Shenzhen, zone économique spéciale n’est pas une implantation géographique choisie au hasard… la génomique aux portes de Macao et de Honk-Hong).

Forts de cette mécanique bien huilée, les scientifiques chinois trustent les bonnes feuilles de Nature…  investissement financier avec un fort impact bibliométrique. Le gouvernement français s’est inspiré des bonnes recettes chinoises : des investissements publics colossaux dans des sciences technophages, une collaboration réelle ou feinte des secteurs public et privé, un retour sur investissement rapide sous forme de publications. Après le grand emprunt, le gouvernement français soucieux de cumuler rayonnement scientifique international et relance de la croissance économique, a injecté quelques deniers en Equipex et Labex. La science comme moteur de croissance économique. Attention au retour sur investissement car, quand les bourses se contractent le créancier devient plus soucieux du rendement de ses deniers.

En conclusion, si le modèle chinois semble vertueux sur le plan du développement scientifique et technologique, il est basé avant tout sur un modèle économique où le dumping social, où le rendement bibliographique à court terme deviennent pierres angulaires de la techno-science. La technologie doit servir la science, l’inverse n’a pas de sens. La Chine a l’ambition de devenir une bibliothèque d’Alexandrie numérique avec son projet « library of digital life« . Après avoir conquis l’espace, les marchés mondiaux, après être devenu le créancier des Etats Unis, la Chine souhaite devenir la puissance scientifique (c’est surtout exact concernant les sciences de la vie)  qui éclaire le monde.

 

Alignement de séquencesIl s’agit d’un run sans valeur biologique qui a été réalisé dans le cadre d’une validation proposée par le fournisseur (Life) pour le « label CSPro ». Ce run consiste notamment, en un re-séquençage de E. coli DH10B.

Ce type de données peut (vous) permettre d’évaluer la technologie (taux d’erreur, profondeur…) de séquençage haut-débit d’une part. D’autre part ces données peuvent servir afin d’évaluer les logiciels d’assemblage tels que ceux que nous possédons (DNastar, CLC genomic workbench, Partek…) pour des reads issus de PGM (Ion Torrent).

Vous trouverez ci-dessous une partie du rapport de run relative à la qualité des reads générés et alignés sur le génome de référence à l’aide de la suite Ion Torrent version 1.4.1

Ce run a été réalisé sur une puce 314, consommable fourni pour 10 Mbases de séquençage brut (ici nous dépassons les spécifications, 32.99 Mbases séquencées, même si le présent run est considéré comme assez moyen par rapport aux résultats précédemment obtenus). Malgré tout, il est possible de couvrir un petit génome à plus de 4X à des coûts imbattables (pour l’instant)!

 

Le contenu scientifique a bien souvent besoin d’être traduit et la démarche du chercheur nécessite d’être expliquée (nous ne sommes pas très loin des notions d’éthique). La vulgarisation peut parfois être un outil permettant d’éveiller l’opinion qui, de ce fait peut s’en faire une, ou à rebrousse poil, elle peut être une méthode visant à la rassurer. Nous pouvons lire et relire les méthodes employées par Edward Bernays pour transformer le citoyen en consommateur.

La biotechnologie alimente les peurs par ce qu’elle peut engendrer dans un laboratoire et qui échapperait au contrôle citoyen dès lors que l’invention devient produit, par exemple.  Cet article est l’occasion d’écouter un exemple de vulgarisation scientifique : l’émission de Là-bas si j’y suis (excellente émission du service public, sur France Inter), du vendredi 15 décembre 2006,  » Leçon de choses :  Les OGM « .

Dans cette émission Christian Vélot explique avec un magnifique esprit de synthèse ce que sont les OGM, dans son Laboratoire de recherche en Génétique Moléculaire, à Orsay. Christian Vélot est un lanceur d’alerte, un exemple de libre chercheur, libre penseur qui a réussi à faire sortir la science de son laboratoire pour l’amener dans le champ du débat… une nécessité absolue surtout s’agissant des applications biotechnologiques. L’intervention de Christian Vélot, dans l’émission de Daniel Mermet est un modèle du genre, en effet bien que techniquement imparfaite, elle incite l’auditeur à prendre du recul et à aller se documenter sur le sujet en le dépassionnant, en évitant l’ornière des sempiternels poncifs. De la connaissance naît la curiosité qui enrichit l’argumentation, essence de toute opinion et l’accès à ces arguments est la voie vers la décision et donc vers… la démocratie.

Le ppf (Portail du Plan Pluriformation) bioinformatique de Lille 1 organise le 20 septembre prochain sur le campus de Lille 1 une journée scientifique sur la fouille de texte pour la biologie (extraction d’information en génomique, inférence des interactions géniques, …).

Le programme et les détails pratiques sont disponibles sur la page http://www.lifl.fr/~touzet/PPF/fouilletexte11.html

 

Cet article est le prolongement sous forme de fiche technique, de notre article abordant le bio-art.

Commençons par quelques définitions :

fingerprinting = signature moléculaire exploitant les polymorphismes individuels

fingerprinting = (exploitation des polymorphismes pour singulariser un prélèvement) + (séparation sur gel) + (visualisation par hybridation de sondes spécifiques marquées)

L’ensemble du génome humain est commun à tous aux mutations près. Ces mutations se produisent au hasard et se produisent à une moyenne proche de 1 ‰.

Lorsque l’on digère le génome humain (3,5 x 109 bp pour un génome haploïde) par une enzyme de restriction dont le site est à 6 bp (probabilité moyenne de coupure (1/4)6=1/4096 soit 1 site tous les 4 kbp), on obtient de l’ordre de 106 fragments qu’on ne peut examiner un à un pour déterminer la taille d’un fragment particulier. Il faut un moyen de repérer la région où la mutation est susceptible de s’être produite. Une caractéristique unique d’une région particulière d’ADN est sa séquence (à condition de n’être pas de l’ADN répété). Ainsi, après séparation des fragments selon leur taille, un blotting (ou buvardage) sera utilisé pour réaliser la signature moléculaire à l’aide de sondes marquées par un radio-isotope ou avec une molécule « traçante ».

Le southern blot est une technique permettant, après une phase de séparation sur gel, de visualiser spécifiquement des loci ciblés. Cette technique a été mise au point par E. M. Southern qui a combiné électrophorèse, transfert et hybridation avec une sonde marquée pour permettre une détection spécifique d’un locus cible (1975).

Après électrophorèse

1. Le gel d’électrophorèse est immergé dans une solution alcaline permettant la dénaturation de l’ADN

2. Une membrane de nitrocellulose (ou de nylon) imprégnée d’une solution saline concentrée est appliquée directement sur le gel, un poids la maintient en sandwich entre une couche épaisse de substance absorbante et le gel. Trois moyens sont disponibles pour attirer la solution saline à travers le gel :

– par capillarité

– par électrophorèse

– par succion sous vide

3. La membrane est alors chauffée, dans le cas de nitrocellulose, ou exposée au rayonnement ultra-violet pour le cas du nylon, afin de fixer de manière permanente l’ADN sur la membrane. Une étape de préhybridation permettant de traiter les sites laissés libres, ils seront saturés par une solution contenant une protéine telle que de la sérum albumine et / ou  traités à l’aide d’un détergent comme le laurylsulfate de sodium.

4. Une sonde spécifique marquée complémentaire de l’ADN cible est mise en contact de la membrane sur laquelle il a été transféré.

5. Une phase de « visualisation » de l’hybridation aura lieu soit par autoradiographie dans le cas de l’emploi d’une sonde marquée à l’aide d’un radio isotope (phosphore 32 par exemple) ou par développement d’un film photographique impressionné après réaction de chimioluminescence.

Cette technique est de moins en moins utilisée dans les laboratoires d’identification (police scientifique, laboratoires vétérinaires), elle a été remplacée par l’électrophorèse capillaire après une PCR sur des régions flanquantes de microsatellites (cette technique, beaucoup plus automatisable et standardisable a supplanté le SouthernBlot). Aujourd’hui cette technique tend à être remplacée par des panels de SNPs.

Deux techniques analytiques de biologie moléculaire  dérivent du Southern Blot par goût du jeu de mot, elles ont été nommées :

–         Northern Blot, technique analytique des ARN (James Alwine, David Kemp, and George Stark at Stanford University, 1977)

–         Western Blot, technique analytique des protéines (W. Neal Burnette, 1979-1981)

Le quatrième point cardinal, le Eastern Blot, beaucoup plus marginal consiste en l’analyse des modifications post traductionnelles des protéines.

 

Il s’agit d’une application rendue possible grâce à Google Map et hébergée sur un blog du Pallen Research Group. Cette application permet de connaître (en partie, car il s’agit d’un recensement sur déclaration volontaire des utilisateurs) des lieux où sont implantées les différentes technologies de séquençage haut-débit.

cartographie des plateformes de séquençage haut-débit
cartographie des plateformes de séquençage haut-débit

Depuis une petite dizaine d’années, une partie du monde de la recherche s’indigne souvent en silence contre un outil de mesure : les principes de l’évaluation scientifique.

Le pouvoir politique français garant du bon usage des fonds publics alloués à la recherche a calqué son appareil de mesure sur ce qui a déjà cours dans le monde anglo-saxon (l’AERES s’est inspiré notamment de l’ERIH, l’European Reference Index for the Humanities). Ainsi, ont fleuri un grand nombre de facteurs dont l’objectif est d’objectiver l’impact d’une recherche sur une société qui la finance ou plutôt d’évaluer la diffusion d’une innovation, d’une découverte (et non son impact réel sur la société).

Ci-dessous un exemple des items tirés de la « fiche de données bibliométriques »  qu’un chercheur remplit en vue de satisfaire aux exigences lui permettant de voir sa carrière progresser (dossiers de contractualisation de la vague C, CNRS):

– Nombre d’articles réf Web of Science sur 2004-2007

– Nombre total d’articles réf. Web of Science, Npa

– Nombre total de citations Nc,totb

– Nombre total de citations hors autocitations

– Nombre de citations par articles Nc,tot/Npd

– Facteur h

– Facteur h relatif, h/Npf

– Facteur d’impact max. de la discipline

– Facteur d’impact moyen de la discipline

– Facteur d’impact max. pour le chercheur

– Facteur d’impact moyen pour le chercheur

Pour paraphraser un chercheur imminent, Pierre Bourdieu, parmi les bons élèves d’une classe il y a ceux qui ont compris comment les notes sont décernées et ceux qui ont compris…

Cet outil de mesure certainement nécessaire peut apparaître comme critiquable à plusieurs titres :

–          l’instrument de mesure peut modifier la variable qu’il tente de mesurer (ainsi des pratiques telles que le « name-droping » des auteurs associés à une publication, les citations de convenances etc.)

–          l’évaluation telle qu’elle est menée engendre des modes à l’instar de ce que relate la nouvelle de Léo Szilard, La fondation Mark Gable. Léo Szilard s’amusait des solutions qui engendreraient un retard du progrès scientifique… le présent peut par certains égards supplanter son ironie.

–          ce type d’évaluation basée sur la bibliométrie engendre que « l’objectif principal des scientifiques n’est plus de faire des découvertes mais de publier autant que possible», de sorte que « l’utilité, la qualité et l’objectivité des articles se sont dégradées », c’est ce que de manière synthétique l’article du Monde Diplomatique, (comment devenir le chercheur du mois) tend à démontrer.

Par dessus tout, l’évaluation induit la mise en concurrence systématique de tous contre tous.  Cette conscience même de la mise en concurrence entre équipes travaillant sur une même thématique incite ces mêmes équipes à attirer vers elles les fonds alloués à la recherche pendant que d’autres tentent de justifier leur propre existence… autant d’énergie qui n’est pas consacrée à la recherche en tant que telle : beaucoup de temps pour remplir des formulaires, beaucoup de temps pour communiquer, de moins en moins de temps pour réfléchir, développer et réaliser le travail de fond…

En définitive, le bon élève assimile et critique le système mais peut rapidement finir par exploiter les vices de l’outil de mesure : la notation. Ayant compris, il se plie aux exigences des critères de la recherche d’excellence… il remplit des formulaires, cherche comment il peut financer sa recherche, en n’oubliant pas les mots clés attendus. Pour prétendre à ces financements, il lui faudra justifier d’une certaine visibilité donc publier autant que possible… la publication devient l’alpha et l’oméga du chercheur… Ceci ayant pour effet, la dilution de l’information… et donc une perte de temps à rechercher l’information réellement pertinente.

Le constat peut paraître sans nuances mais il convient de l’inscrire dans une évolution du monde où la justification prend le pas sur la réflexion et l’action. Même s’il apparaît nécessaire d’évaluer ce que deviennent les fonds publics, il semble qu’un mauvais outil de mesure peut pervertir tout un système. C’est ainsi que l’on se gargarise à l’envi des terminologies novlangues où « l’excellence » remplace la science.

 

« Evaluer tue » – logo retravaillé de : http://forumpsy.wordpress.com/

 

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