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Tout commence ici par un film de piètre qualité (je ne crois pas qu’il en existe une version française), Who the #$&% Is Jackson Pollock ? Ce film retrace l’histoire d’une femme, Terri Horton, de 73 ans, ancienne conductrice de camion long courrier qui a acheté une toile dans un magasin d’aubaines pour 5 USD. Il s’avère que cette toile a été attribuée à Jackson Pollock et en demande 50 millions de USD. Le film dépeint les tentatives de Horton pour authentifier et vendre la peinture comme une œuvre originale de Pollock. Son authenticité est douteuse, car la peinture a été achetée dans un magasin d’aubaines, n’est pas signé, et est sans provenance. Le principal problème avec la peinture, c’est qu’elle « n’a pas l’âme d’un Pollock », selon les collectionneurs. En outre, Pollock avait de nombreux imitateurs de son vivant. C’est là qu’intervient un spécialiste en techniques légales d’authentification, iconoclaste et donc décrié, Peter Paul Biro. Un document pdf (disponible ici) reprend toute la palette mise à disposition de ce dernier pour permettre une authentification légale. Tout part d’une observation « microscopique » dont l’objectif est de rechercher des traces éventuelles de l’artiste (poils, cheveux, empreintes digitales etc.). Les pages 13 et 14 abordent la technique mise en œuvre.

Même si l’attribution d’un tableau à son auteur par l’intermédiaire de la caractérisation singulière de l’ADN de ce dernier restera anecdotique, le besoin d’identification et d’authentification peuvent être un marché potentiel pour des sociétés de biotechnologie.

Ce sujet avait été abordé dans notre article « l’ADN, nouveau support de l’information numérique » qui montrait l’utilisation faite de cette molécule en guise de code barre pour traquer les pétroliers dégazant le reliquat de leur cargaison (je serais curieux de connaître le nombre de capitaines mazouteurs confondus par cette méthode).

Ainsi, l’une de ces sociétés de biotechnologie, la société Applied DNA Sciences, Inc, propose des produits d’aide à l’identification et l’authentification. L’ADN devient un code barre censé être inviolable, un élément visant à protéger de la contrefaçon  des processeurs, des vêtements, des spiritueux. Une autre application vise à sécuriser les transferts de fonds (un nouveau moyen pour marquer et tenter de suivre les billets marqués).

Cette société surfant sur le besoin de sécurité et de dissuasion développe un spray fluorescent chargé en molécules d’ADN.  Mise en situation… Un voleur braque un bijoutier à l’aide d’une arme de poing (cf. schéma ci-dessous).

Le bijoutier a deux choix :

.  user de violence et de mesures coercitives pouvant flirter avec le délit

. oublier qu’un revolver est pointé sur lui, appuyer sur un bouton rouge qui asperge l’agresseur d’un spray fluorescent génétiquement marqué… prier pour que cela suffise à mettre en fuite le braqueur.

On l’aura compris, il ne s’agit pas là de l’idée du siècle. L’ADN est mis à toutes les sauces, de l’authentification à l’arme absolue de dissuasion pour tout braqueur effrayé par l’association d' »idées » : ADN + experts police + haute technologie = preuve = prison.

 

L’ADN comme moyen d’identifier l’auteur d’un tableau -comme quelque chose dans la continuité des empreintes digitales de Vinci laissées lors de son brillant sfumato– au molecular fingerprinting des peintres contemporains en passant par l’absurde spray anti-braqueur qui laisse esquisser un sourire moqueur, la molécule support de l’information génétique est d’ores et déjà la base d’un business associé au besoin d’authentification sans cesse plus important…

Et voici le programme en anglais:

9H00  Registration / coffee

9H15  Introduction of the day

9H30   KEYNOTE LECTURE 1: Joris Veltman (N): EXOME SEQUENCING IDENTIFIES DISEASE CAUSING DE NOVO MUTATIONS, Department of Human Genetics – Radboud University Nijmegen Medical Centre – Nijmegen, The Netherlands

10H15   Jean Muller (F): MULTI-GENE RESEQUENCING FOR MOLECULAR DIAGNOSIS OF OBESITY, Integrative Genomics and Bioinformatic Laboratory (IGBMC) – Genetic Diagnostic Laboratory – Strasbourg, France

10H45   Coffee break

11H15   Amélie Bonnefond (F): NEW TECHNOLOGIES IN GENE RESEQUENCING AND IN METHYLOME ANALYSISDepartment of Genomics and Metabolic Diseases – CNRS UMR8199 & Institut de Biologie de Lille – Institut Pasteur – Lille, France

11H45   Didier Goidin (F): LAST DEVELOPMENT OF AGILENT NGS SOLUTIONS, Agilent R & D – Les Ulis, France

12H15  Sean Humphray (UK): SEQUENCING FOR GENOMIC MEDICINE, Illumina R & D – Chesterford, United Kingdom

12H45  Lunch

14H00  Ludovic Dupont (F): FRENCH FOUNDATION FOR RARE DISEASES: STRUCTURE, MISSIONS, ACHIEVEMENTS AFTER ONE YEAR OF EXISTENCE French Foundation for rare diseases – Paris, France

14H15  KEYNOTE LECTURE 2: Nicolas Lévy (F): THE GENOMICS AND POST GENOMICS OF RARE DISEASES: THE PROGERIA CASE, Department of Medical and Development Genetics Inserm U910   Faculté de médecine de la Timone & Department of Medical Genetics – Hôpital d’enfants de la La Timone – Marseille, France

15H00  Wim Van Criekinge (B): NEXT GENERATION EPIGENETIC PROFILING, Center in Pharmaco(epi)genomics NXTGNT (www.nxtgnt.com)   Department of Mathematical Modelling, statistics and Bioinformatics – Ghent University – Gent, Belgium

15H30  Alexandra Lespagnol (F): TARGETED HIGH-THROUGHPUT SEQUENCING FOR SOMATIC ANALYSIS  ON FORMALIN-FIXED, PARAFFIN-     EMBEDDED (FFPE) TUMOR SAMPLES, Plateforme  Hospitalière de Génétique Moléculaire des Cancers, CHU Pontchaillou – Rennes, France

16H00  Coffee break

16H30  KEYNOTE LECTURE 3: Jacques Beckmann (S): COPY NUMBER VARIANTS AND THEIR ROLE IN DISEASES

17H15  Conclusive remarks

Un bon nombre de thésards abordent fébrilement la période de la fin d’été. Un été passé à bronzer à l’ombre des néons clignotants des laboratoires et arpentant des bureaux devenus déserts, on imagine le thésard comme une ombre fantomatique à la recherche d’une machine à café… une vision, un peu cliché ? Quoi qu’il en soit, un site internet vous permettra de travailler légèrement votre anglais et de faire preuve d’un peu d’autodérision : il s’agit du très connu et parfois même brillant : PhD comics (www.phdcomics.com). Il s’agit de brasser les névroses des aspirants chercheurs pour porter leur point de vue sur ce futur métier pollué par tant d’images d’Epinal.

Ainsi, le PhD -dans le contexte de PhD Comics l’abréviation est mise pour Piled Higher and Deeper en lieu et place de Philosophiæ doctor (l’intitulé du diplôme de docteur dans le système universitaire anglo-saxon) – est un parcours semé d’embûches entre désillusions,  travail de força et stress d’un avenir pour lequel le diplôme de docteur ne semble plus un passeport pour un travail universitaire intellectuellement enrichissant et financièrement roboratif.

Jorge Cham, l’auteur des textes et dessins, connait le sujet ! Il a, en effet, débuté cette bande dessinée alors qu’il était étudiant à Standford où il visait un doctorat en génie mécanique. Comme le monsieur est dessinateur de comics, universitaire et américain, il s’est engagé dans un vaste tour des universités (plus d’un centaine) pour présenter son « the Power of Procrastination » (le pouvoir de la procrastination). Avec cette thèse (à prendre ici dans les deux sens), Jorge Cham, contrecarre les discours tenus par les coachs certainement plus cupides que psychologues, adeptes du développement personnel à l’anglo-saxonne. En effet, lors de sa présentation, l’auteur de PhD Comics démontre que le fait de remettre à plus tard est en général quelque chose de bénéfique pour l’élaboration d’un concept (ce en quoi il mérite l’appellation primitive de PhD !).

Ceci étant, PhD Comics met le doigt sur une réalité tangible de notre côté de l’Atlantique : une espèce de « paupérisation » du diplôme et avant cela du statut des étudiants se destinant à l’accomplissement d’une thèse… des éléments faisant tellement partie du panorama qu’on ne les voit plus  (sur le sujet lire : Thésard, une vie de loser – article de Libération du 20 mars 2007)

Encore que pour ce qui nous intéresse ici, les thésards des Sciences du vivant peuvent être enviés par ceux des Sciences humaines qui sont entrés avant eux dans cette spirale de la lose. Donc la caricature proposée par PhD Comics nous amène à nous poser des questions quant au statut et au devenir d’étudiants parfois désabusés, mais aussi à la perception de la science comme objet d’accomplissement professionnel (plus que comme discipline intellectuelle). Ainsi, il en va du morceau choisi ci-dessous.

 

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A la croisée de la biologie, de la biochimie, de l’électronique, de la mécanique des fluidiques et de la thermodynamique, de nouveaux outils se préparent. Ceux-ci viendront peut être trouver des applications dans les laboratoires de génomique mais au-delà de cette perspective, ils pourraient trouver des applications au niveau des professionnels de santé eux-mêmes avant d’être accessibles aux clients-patients-citoyens directement.

Les Lab-on-Chips (ou Laboratoire sur puce) sont un concept qui a émergé dans les années 90 et qui au sein des laboratoires de biologie moléculaire a trouvé une application largement répandue sous la forme des puces Agilent consommables pour BioAnalyzer. La technologie d’Agilent, basée sur une électrophorèse ou une cytométrie de flux microfluidique, offre un outil de contrôle de la quantité, qualité (distribution de taille, intégrité des ARNs extraits etc.) des molécules considérées. Même si les puces Agilent sont affublées du qualificatif de « Lab-on-Chip« , elles nécessitent un appareillage dédié et bien entendu un PC relié. L’outil est encore loin du modèle rêvé, c’est-à-dire complètement autonome (en une version « stand alone »).

L’émergence de ce type de laboratoires a été, en partie, permise grâce à des budgets alloués à la lutte contre le bioterrorisme. En effet, des laboratoires qui tiennent dans une poche de treillis, qui peuvent être employés sur n’importe quel théâtre d’opération, peuvent venir parfaire le paquetage des experts en sécurité intérieure. Les laboratoires Sandia (Sandia National Laboratories) font partie des principaux laboratoires nationaux du département de l’Énergie des États-Unis et sont des pionniers de ces applications avec les développements réalisés par MicroChemLab qui est actif depuis 1988 sur ce type de développements.

Aujourd’hui les laboratoires unipersonnels de diagnostic embarqués sont devenus très populaires, pour des applications liées à des analyses biochimiques. L’un des exemples les plus fameux concerne le BG-Star (Sanofi Diabète) permettant de réaliser en quelques secondes, très aisément, des lectures de glycémie. L’outil est basé sur le principe de l’électrochimie dynamique où une bandelette jetable accueille une goutte de sang qui vient activer une glucose oxydase.

Les avantages de ce type de technologies :

– Une faible consommation de volume de fluide, en raison des volumes internes  faibles des puces, ce qui minimise la quantité de déchets, baisse des coûts des réactifs onéreux et surtout minimise la quantité nécessaire d’échantillon de départ

– Une rapidité d’exécution où l’efficacité des réactions biochimiques est permise par la miniaturisation de l’outil, en effet la taille du dispositif ne nécessite qu’une faible quantité d’énergie pour fonctionner

– Un meilleur contrôle du processus en raison d’une réponse rapide du système (par exemple, le contrôle thermique pour des réactions chimiques exothermiques)

– Une parallélisation massive due à la compacité, qui permet l’analyse à haut-débit

– Une réduction des coûts de fabrication, permettant une utilisation de puces jetables, un processus qui deviendra rentable s’il est fabriqué en masse

– Une plateforme plus sûre pour les produits chimiques, les études radioactives ou biologiques en raison de la grande intégration du système (souvent en système clos), des faibles quantités de réactifs et d’échantillons nécessaires

Les vertus de la miniaturisation ne nécessitent pas plus amples apologies ! Depuis quelques années l’idée d’un laboratoire qui tient au creux de la main a réellement commencé à voir le jour.

Des exemples de ces laboratoires portatifs commencent à poindre dans des versions de plus en plus intégrées.

Ainsi la technologie Mondrian développée par NuGEN, technologie basée sur de la microfluidique digitale, permet de simplifier les étapes de constitution de librairie de séquences haut-débit.

Destinagenomics propose un système analytique ne faisant pas intervenir d’enzymes. Ce système fait intervenir des sondes interrogatives de mutations que la société souhaite embarquer dans des puces : la preuve du concept a été publiée par  Pernagallo et al. (Sensors (Basel). 2012).

http://youtu.be/k-NnBS2xDLo

Panasonic, le groupe japonais, numéro 4 mondial de l’électronique, en partenariat avec la société belge, Imec, propose d’embarquer dans une puce d’ 1 cm2 : une pompe permettant aux fluides de circuler, une unité d’extraction d’ADN à partir de la goutte de sang prélevée, un thermocycleur, une unité de purification de produits de PCR, et un système de détection de SNPs.

Le concept est séduisant, mais pour être viable et concurrencer les coûts de génotypages basse densité qui sont relativement bas (quelques euros / marqueur), les concepteurs des Laboratoires sur Puces misent donc sur une large diffusion de leur produit. Ainsi la production de masse impacte drastiquement le coût de production qui lui-même est impacté sur le prix vente… un prix de vente attractif et une simplicité d’utilisation qui dope les ventes… et donc fait baisser les coûts de production…

Le pari réside dans le fait d’amorcer ce cercle vertueux, en quelque sorte chaque opérateur du marché – au niveau d’une application donnée- souhaite assommer la concurrence ! Une course au développement est donc lancée.

Revenons à la science ! Vous trouverez ici le document pdf. présentant la technologie de Panasonic/Imec,

Concernant l’application de séquençage, Oxford Nanopore proposera une « clé USB » capable de séquencer, le Minion.

Dans le futur il est envisageable, d’imaginer un outil combinant la technologie de séquençage de 3ème génération, d’un Oxford Nanopore, par exemple, avec en amont un dispositif intégrant (à l’instar du projet de Panasonic), une micro-pompe, un réseau microfluidique permettant d’alimenter en échantillon et réactifs les différents éléments permettant une extraction d’ADN/ARN, la constitution d’une librairie, une purification…

Parle-t’on ici de science fiction  ? Pour un début de réponse, il faut comprendre que séparément toutes ces solutions technologiques existent déjà.

Pour les plus férus de laboratoires miniaturisés, un journal scientifique est là pour eux, explicitement nommé : Lab on a Chip.

23andMe, comme Knome et Decode,  est une société californienne de biotechnologie pionnière dans la génomique personnelle. La société a été lancée en 2006 par Anne Wojcicki, Linda Avey et Paul Cusenza sur la base d’un concept marketing simple et audacieux : mettre des tests génétiques à disposition du grand public en les vendant en direct sur une plateforme internet. Aujourd’hui la PME revendique 45 employés, 20 millions de USD et une omniprésence sur le web. Le modèle de développement de 23andMe passe par une exploitation judicieuse d’un site web, leur meilleur VRP. La photo du couple ci-dessus représente Anne Wojcicki, la co-fondatrice de 23andMe et Sergey Brin le co-fondateur avec Larry Page de Google, la société maîtresse du web. Google a d’ailleurs investi près de 4 millions de dollars dans la PME de Madame dès ses débuts en mai 2007. Notez qu’à l’époque le test génétique vendu par la toute jeune société de biotechnologie coûtait 999 USD (le prix aura donc été divisé par 10 en 5 ans). Pour la petite histoire, la mère de Sergey Brin est atteinte de la maladie de Parkinson, ce qui a incité le milliardaire à réaliser un test génétique en 2006, pour découvrir qu’il était porteur de la mutation du gène LRRK2. Ceci explique son intérêt pour les tests génomiques personnels.

Début 2013, le produit coûte : 99 USD auxquels il faut ajouter 79,95 USD pour les frais de port (ces frais limitent l’accès au vieux continent à 23andMe), la note se monte donc pour un Français à 137,70 € (mi 2011, le prix était de 200 €). Il est facile dorénavant de comprendre que, les volumes des puces Illumina grimpant, la part du coût allouée aux consommables a baissé, mais que la distribution web a ses limites… la poste.

Tests génomiques ?

Le test génétique que propose 23andMe permet :

– d’estimer les facteurs de risques d’être, un jour, atteint d’une maladie à composante majoritairement génétique

– d’estimer vos aptitudes physiques et intellectuelles (en présupposant que la variabilité génétique de ces traits contribue fortement auxdits traits estimés)

– de déterminer son origine géographique, ainsi que, pour le folklore, de quel personnage célèbre dont 23andMe possède le génotype, vous vous rapprochez le plus (sur le ce point lire notre article : A la recherche du chromosome perdu : aux sources des hominidés)

– enfin, 23andMe accumule des génotypages venant alimenter une base de données associée à une population de référence et ainsi accroître l’information génomique disponible pour d’éventuelles recherches (à mener par d’autres…), tout cela financé par les clients de 23andMe… il fallait y penser et oser, c’est chose faite !

Principe ?

Contrairement à un amalgame souvent rencontré, la société californienne n’utilise que très peu le séquençage pour son produit phare. Le principe réside dans l’extraction de l’ADN contenu dans les cellules de la salive, ADN qui fera l’objet d’un génotypage haut-débit permettant de cartographier le génome du client. 23andMe ne fait que compiler les données de GWAS (Genome Wide Association Studies), les études d’association publiées et agglomérées plus ou moins subtilement. Ce type d’études consiste en l’association de profils génétiques à des phénotypes caractérisés. En outre, 23andMe exploite la connaissance des marqueurs en Déséquilibre de Liaison avec une maladie ou une aptitude, le tout en concaténant l’information scientifique publique.

Des témoignages de clients pour en convaincre de nouveaux

Depuis le début 2013, plusieurs témoignages ont été utilisés par la presse pour décrire ce que proposait 23andMe, une publicité à moindre frais.  Celui de Slate relate l’histoire de Jill Uchiyama, une personne qui a été adoptée à la naissance et qui à l’âge de 41 ans par l’intermédiaire des services proposés par 23ansMe a retrouvé quelques cousins plus ou moins proches (300 cousins) et en a rencontré un… un manière de recréer de simili-liens de sang. Un autre présent sur le site Quora.com témoigne du cas d’un père découvrant qu’il avait des risques de développer une intolérance au gluten alors que des praticiens ont perdu un temps infini à déterminer l’étiologie de la maladie cœliaque dont souffrait sa fille. Autant de témoignages de nature à convaincre de futurs clients !

Un accueil scientifique mitigé

Un premier article de Jane Kaye « The regulation of direct to consumer genetic tests » (Human Molecular Genetics, 2008), s’inquiète de la perte de contrôle des professionnels de santé, de l’évolution de la législation et de la confidentialité des données transitant par ces nouvelles sociétés de services. L’auteure appelle de ses vœux une régulation de cette « génomique récréative » où l’on peut partager sur les réseaux sociaux son potentiel génétique, ses risques de développer une maladie ou encore rechercher des « cousins » potentiels.

Deux ans après ce premier article, celui de Barbara Prainsack et Howard Wolinsky (Future Medicine, 2010) « Direct-to-consumer genome testing: opportunities for pharmacogenomics research ? » pondère le propos. Dans cet article, les auteurs ne s’inquiètent plus vraiment de l’existence d’un système divulguant des informations génomiques directement au consommateur sans passer par la case du prescripteur médical, mais s’interrogent sur les bénéfices que la recherche scientifique pourrait tirer de ces génotypages payés par les consommateurs eux-mêmes. Entrerait-on dans l’ère du libéralisme génomique ? L’article de Future Medicine développe l’aspect crowdsourcing (en français collaborat ou externalisation ouverte) en s’inquiétant légèrement tout de même d’un problème majeur : le respect de la vie privée…

Une inquiétude majeure

A une époque où des services étatiques développent des projets tels que PRISM, l’outil de surveillance du web utilisé par la NSA ou d’autres que la DGSE utiliserait, le consommateur de la génomique personnalisée pourrait et devrait s’inquiéter de la confidentialité des données génomiques le concernant. En effet, le web est le tuyau par lequel transite toutes les informations génomiques émanant des analyses de ces sociétés de service. La confidentialité des données semble être le nouveau frein au développement de ce type de marché.

L’Ion Torrent™ Mini Lab sera à Lille

le 20 Juin 2013

14h00-16h00

Parking du Campus Institut Pasteur de Lille

1 rue du Pr. Calmette

59000 Lille

Métro Ligne 2, Station Grand Palais

Flyer : une mini, un Ion Torrent dedans…

Ce qui suit pourrait être tiré d’un roman d’anticipation technofuturiste où le héros s’empêtre dans un polar aux implications géopolitiques. Après la mise en application de la politique de l’enfant unique, politique lancée en 1979 par Deng Xiaoping qui a eu la fâcheuse conséquence d’induire un déséquilibre entre les sexes (116 garçons pour 100 filles, 2005), la Chine, forte de sa population de presque 1 milliard 400 millions de ressortissants, cherche à appliquer les lois de la sélection génomique sur sa propre population. Le Q.I., phénotype relativement héritable (héritabilité supérieure à 0,5) est le deuxième caractère, après le sexe, « choisi » par les autorités. Cette article développe les différents éléments qui ont permis à la Chine de devenir le premier pays transhumaniste.

Acte 1 : une politique de reconquête

La Chine possède des ports en Europe, une partie significative de la dette américaine, des milliers d’hectares agricoles en Afrique et un parc de bombes atomiques qui ne laisserait pas insensible le docteur Folamour. Malgré un budget de millions de dollars alloué à une armée aux ordres du parti unique, l’usine du monde ne semble pas avoir de volonté expansionniste impérialiste en vue de repousser ses frontières (si on omet le sujet du Tibet). Il semble que les ambitions de la Chine actuelle résident moins dans le fait de mettre à la disposition de l’occident sa main-d’œuvre bon marché que de devenir la première puissance mondiale matérielle et intellectuelle. c’est pourquoi le pays mise toujours sur sa vraie matière première : l’humain. Devenue une puissance spatiale avec ses Taikonautes, la Chine envoie dans les meilleures universités du monde, ses étudiants qui, de retour (pour ceux qui reviennent), accomplissent une recherche de tout premier plan. Dans le champ de la génomique et des biotechnologies, la Chine s’impose aujourd’hui comme un acteur de tout premier plan.

Acte 2 : une recherche efficace

En effet, la Chine compte plus d’un cinquième de la population mondiale et compte aussi sur la volonté de fer pour retrouver son lustre d’antan. Il est alors, relativement aisé d’imaginer que même si une portion faible de sa population atteint les études supérieures, le pays sélectionne des étudiants qui deviendront des chercheurs motivés et ayant émergé des tous meilleurs étudiants d’une classe d’âge donné. Il est passé le temps où les meilleurs chercheurs chinois s’exilaient inconditionnellement aux Etats-Unis pour finir par être naturalisés – le classement académique des universités mondiales (aussi appelé classement de Shanghaï, ou encore « Academic Ranking of World Universities » en anglais) est un outil parfait pour identifier les meilleures universités où envoyer ses étudiants. La Chine devient même attractive sur la scène mondiale de la recherche scientifique et technologique.  Selon un rapport de l’OCDE, le pays est deuxième pour la dépense en recherche et développement, injectant 136 milliards US$ en 2006 (USA : 330 milliards US$ pour la même période).

L’Empire du milieu oriente sa politique du développement technologique dans des domaines jugés comme hautement stratégiques: l’énergie, les ressources naturelles, l’environnement, les techniques de production industrielle et les technologies de l’information, les biotechnologies, les nanotechnologies, les technologies spatiales et maritimes. La Chine est en tête des pays en nombre de brevets déposés par année, ceci est l’aboutissement de trente ans durant lesquels le pays a misé sur la recherche scientifique pour rattraper son retard technologique sur l’Occident. Depuis le début des années 2000, le gouvernement promeut une innovation purement chinoise. Concernant le niveau des étudiants chinois, ceux-ci commencent à être l’objet de discriminations dans certaines universités américaines où ils occupent les meilleurs places. La recherche scientifique, basée sur une « exportation » massive d’étudiants a permis à la Chine de rattraper son retard technologique, cette technologie aujourd’hui sert une recherche scientifique de tout premier plan et sert, en ce qui concerne la biotechnologie, un dessein qui peut faire peur, vu d’ici.

Acte 3 : des moyens puissants

L’exemple qui vient à l’esprit immédiatement est le BGI (Beijing Genomics Institute).  A ce sujet, vous pouvez lire notre précédent article : Taylor + Deng Xiao Ping + Watson = la Chine marche sur les chromosomes. Rappelons que le BGI est la plus grande plateforme génomique mondiale et un contributeur scientifique de tout premier ordre. Grâce à des plateformes de haute-technologie permettant de générer des volumes de séquences et de typages à de très bas coût, la Chine aurait la possibilité d’appliquer les résultats de sa recherche scientifique à l’échelle de sa vaste population.

Le BGI développe un laboratoire de génétique cognitive avec pour ambition de répondre à ces questions : Comment fonctionne le cerveau humain ? Comment les gènes affectent la capacité cognitive ? Comment les gènes et l’environnement interagissent pour produire l’intelligence et la personnalité humaine ? Le BGI a lancé un recrutement d’une cohorte de personnes volontaires aux Q.I. élevés. L’objectif est donc de rechercher les variations génétiques associées à des variations significatives au niveau du Q.I. (notons qu’une étude cas-témoin eut nécessité une cohorte de Q.I. bas à très bas… difficile de procéder à un recrutement volontaire !). Le Q.I. étant plutôt héritable, il sera donc techniquement possible de sélectionner les porteurs des variants « Q.I. élevé ». Ainsi il est possible de procéder à deux niveaux :

– orientation / optimisation « d’accouplements » : les porteurs de ces variations « Q.I. élevé », après s’être génotypés, auront tendance à rechercher un conjoint lui aussi porteur de ces mêmes variations afin de maximiser leur chance de procréer un enfant lui même porteur de ces variations (notons ici qu’il n’y a pas de réel progrès génétique, en tant que tel)

– passons par l’étape FIV : évitant de miser sur le hasard, les gamètes des deux futurs parents produiront plusieurs dizaines d’embryons, chaque œuf sera biopsié (une petite étape de phi29, un génotypage ciblé ou une sélection génomique sur la base de l’exploitation d’un génotypage pan-génomique à l’aide d’une cartographie basée sur plusieurs millions de marqueurs SNPs humains). Fort de la connaissance du « Q.I. estimé » de ces dizaines d’œufs… il ne restera qu’à « contrecarrer » l’aléa de méiose et de ne ré-implanter que ceux présentant le meilleur score de Q.I. estimé…

La sélection humaine pose bien évidemment des problème de bioéthique. Si l’occident sélectionne d’ores et déjà des êtres humains dans le but de limiter les enfants nés porteurs de tares génétiques majeures, l’Empire du milieu semble parti sur une autre voie (même si cette voie n’empêche pas l’autre) : améliorer significativement le Q.I. de sa population et ainsi basculer dans l’ère de la transhumanisation (selon ce mouvement intellectuel, l’Homme doit prendre en main sa propre évolution).

Après le Q.I., le grand jeu du moment consiste à deviner quel sera le phénotype de choix (la docilité ?, le courage ?), il faut espérer que l’on attendra quelques décennies avant d’envisager le premier humain OGM… Envisageant cela, on caricature la démarche actuelle chinoise et on s’imagine, un peu, à la place de Charlton Heston à la fin de Soleil Vert (film de Richard Fleischer, sorti en 1973) quand il découvre la matière première constitutive de l’aliment qui nourrit une planète devenue stérile.

Quand l’histoire d’un homme entre en collision avec l’Histoire évolutive des hominidés et de ce que Carl Linnaeus en 1758, nomma Homo sapiens, cela produit un article au titre provoquant : « L’homme qui ne descendait pas d’Adam » (Pierre Barthélémy dans son excellent blog, Passeur de Sciences, 10 mars 2013).

Tout d’abord, il semble utile de rappeler le concept d’Adam et Eve phylogénétique. Théologues rangez vos saintes écritures, il s’agit ici d’un concept scientifique et technique d’anthropogénétique. Les variations génétiques liées au chromosome Y, ainsi que celles présentes sur la mitochondrie sont utilisées pour étudier l’histoire de ces seuls fragments chromosomiques. L’Adam du chromosome Y et l’Ève mitochondriale ne sont donc que des vues de l’esprit.

Parlons donc du cas d’Albert Perry dont le chromosome Y ne ressemblait à rien de connu. Actuellement, l’Adam du chromosome Y a vécu théoriquement entre 60.000 et 140.000 ans avant maintenant (la Eve mitochondriale quant à elle, aurait théoriquement vécu entre 140.000 et 240.000 ans avant maintenant). Surprise, après étude du chromosome Y d’Albert Perry, on s’étonne d’être passé à côté de cette lignée humaine. En exhumant des bases de données dont visiblement l’analyse n’avait pas été complète, Mendez et al. ont trouvé 11 séquences issues du chromosome Y de 11 membres de la tribu des Mbo (An African American Paternal Lineage Adds an Extremely Ancient Root to the Human Y Chromosome Phylogenetic Tree, AJHG, 2013). Cette tribu est plus ou moins localisée au Nord Ouest du Cameroun, une région d’où a été déporté un grand nombre d’esclaves. Le fait d’ajouter cette lignée humaine « oubliée », l’âge de notre Adam théorique doublerait (en accord avec la théorie de la coalescence) pour être comprise entre 237-581 000 ans.

 

Carte localisant approximativement les personnes parlant le dialecte des Mbo – tirée de AJHG, Mendez et al., 2013

Le cas Perry est un exemple intéressant à plusieurs titres. En tout premier lieu, il permet de voir comment un cas particulier étudié peut avoir une incidence sur la compréhension de l’histoire humaine. En ce sens, ceci est à porter au crédit de la génomique personnelle : avec le développement des sociétés telles que 23andMe, on peut présumer que dans un avenir proche, les nouvelles données que le particulier payera afin de connaitre sa propre histoire, serviront peut être à l’ensemble de la communauté scientifique… tel que l’exemple d’Albert Perry (passé à la postérité) le suggère. Ensuite, cet exemple montre à quel point la connaissance est relative. Notre développement technologique, notre puissance de génération de données avec pour limite actuelle le temps accordé à leur analyse, laissent présager que de plus en plus vite notre connaissance sera volatile, les références changeront de plus en plus vite…

Ce petit article est aussi l’occasion de vous proposer une visite sur le très beau, très documenté blog francophone : The fossil and Mr Darwin et particulièrement de prendre le temps de lire l’article dont il est question ici : mais où est passé Adam ?

Bonne lecture !

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Les médias se font l’écho des conséquences dues à la révolution technologique engendrée par l’évolution du séquençage haut-débit.

Qu’est ce que la biotechnologie peut faire pour vous ? Comment peut-elle repousser la date de péremption de vos artères ?

En effet, Arte (pour TF1, il va falloir attendre un épisode de Dr House traitant le sujet) diffuse un documentaire américain de moins d’une heure dont l’objectif est de présenter les évolutions technologiques dans le champ de la médecine personnalisée.  Il s’agit tout d’abord de développer le concept pour le grand public (en s’appuyant sur des exemples où le mélodrame l’emporte un peu sur le débat bioéthique).

Ce document présente les acteurs majeurs de cette révolution biotechnologique qui sont tous américains (alors que, rappelons le, la plus grande plateforme de séquençage au monde est chinoise). Malgré quelques défauts, il s’agit d’un documentaire faisant tout d’abord oeuvre de pédagogie et développant des exemples plutôt précis comme autant d’arguments poussant à la large utilisation du séquençage haut-débit. Le documentaire vaut surtout pour l’accent mis sur la manière d’interpréter les résultats, sur la pertinence de ceux-ci mais tait les notions économiques liées à un futur marché qui s’annonce éléphantesque.

N’est ce pas un problème que votre génome soit, dans un avenir proche, séquencé, « interprété » et stocké par une firme privée ?

Le documentaire dont il est question est disponible ici-même (vous trouverez le synopsis dans les quelques lignes ci-dessous)

« LE DÉCRYPTAGE DU GÉNOME HUMAIN

D’ici peu, en échange de quelques centaines d’euros, chacun d’entre nous pourra obtenir un séquençage complet de son ADN. Des informations qu’il sera possible de lire, de stocker et de soumettre à l’analyse. Cette révolution est déjà en marche, ainsi que le montrent deux exemples spectaculaires : un patient cancéreux qui semble défier la mort et un malade de la mucoviscidose à présent capable de respirer normalement. Dans ces deux cas, les scientifiques sont parvenus à détecter et à neutraliser les anomalies génétiques à l’origine des maladies. Demain, grâce au décryptage du génome, il sera possible de faire un diagnostic personnalisé pour chaque individu et de mettre en place des traitements ultra personnalisés. Mais quelles sont les conséquences d’une telle révolution ? Connaître les maladies dont nous aurons à souffrir dans l’avenir, est-ce une bénédiction ou un fardeau ? Que se passerait-il si de telles informations tombaient entre les mains de compagnies d’assurance, d’employeurs ou de futurs conjoints ? Une chose est sûre : cette nouvelle ère, marquée par une médecine personnalisée s’appuyant sur nos gènes, est une réalité qui nous concerne tous. »

(Etats-Unis, 2012, 53mn)

ARTE F
Date de première diffusion : Jeu., 25 avr. 2013, 22h50
Date(s) de rediffusion : Dimanche, 5 mai 2013, 10h50

 

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, Laurent Alexandre intervient dans l’émission grand public  : ce soir (ou jamais !). Le débat avait pour thème l’obsolescence programmée. Ainsi au bout de 1h20 d’émission Frédéric Taddeï lance le débat sur l’obsolescence du corps humain. Après un extrait de l’assez mauvais film Repo Men de Miguel Sapochnik (réalisateur de certains épisodes de Dr House… c’est dire s’il doit s’y connaître en médecine personnalisée…), Laurent Alexandre, l’auteur du livre « la mort de la mort » et président de la société DNAVisionintervient ensuite. Son discours est clair et d’une grande pédagogie, il est peut être un peu dommage que l’exemple mis en avant fut le diagnostic prénatal non invasif de la trisomie 21 par séquençage haut-débit.

Evidemment très rapidement l’argument eugéniste se fait entendre. Finalement, l’intervention de Laurent Alexandre fait écho au documentaire américain.

Si les questionnements liés à la bioéthique sont au cœur du débat, rarement sont abordées les questions économiques et de confidentialité des données, associées à l’exploitation de nos données les plus intimes : la connaissance quasi-exhaustive de notre génome (et donc d’une partie de celui de nos descendants qui n’auraient rien souscrit).

Car depuis la publication de Gymrek et al., dans Science de janvier 2013 : Identifying personal genomes by surname inference, il semble difficile de soutenir l’anonymisation des données présentes dans les banques publiques. Il semble difficile d’imaginer que déposer son génome dans les banques d’une firme privée ne constitue pas un problème dont il faut d’ores et déjà prendre la mesure.

Car si tout le monde s’accorde sur les bienfaits potentiels de la médecine qui exploite la connaissance approfondie des bases nucléiques d’un patient ou d’un bien portant-futur mourant, actuellement le pouvoir est aux mains des firmes privées (Knome, 23andMe), qui se constituent des bases de données colossales. Ces bases de données hébergeant des quantités exponentielles de génomes humains (dans l’immédiat il s’agit plutôt de génotypes) permettront à leurs détenteurs de dominer un marché (voire plus !) qui s’annonce colossal…

Société  Française  de  Microbiologie, le Vendredi  17  Mai  2013, vous propose un colloque ayant pour thème central : les   nouvelles  méthodes  de  détection  des  micro -­‐organismes  :  PCR/ESI-­‐TOF  MS,  séquençage  de  nouvelle  génération.

ASIEM,  6  Rue  Albert  de  Lapparent,  75007  Paris   (Métro   Ségur,   ligne   10)

L’intégralité du programme est disponible (ici, au format pdf) : les représentants des 3 fournisseurs de séquenceurs de paillasse de 2ème génération (Roche, Life et Illumina)  y seront présents avec des interventions regroupées en deuxième partie de matinée. Outre le séquençage haut-débit, ce colloque est l’occasion d’entendre parler de PCRs couplées à de la spectrométrie de masse comme outil de détection moléculaire.

Des informations complémentaires sont disponibles sur le site de la SFM.

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